Ce qu’on devrait d’abord comprendre avec la « dictature du prolétariat » est tout simplement le fait que c’est finalement la majorité qui devrait imposer sa volonté.
Ce que l’Occident et les USA n’acceptent toujours pas avec ce qui se passe a Cuba, le Viet Nam le Laos, Chine, c’est justement que, la volonté de la majorité s’exprime dans leur Gouvernement, c’est-à-dire dans le Parti communiste et les conseils ouvriers ou assemblée populaire.
La dictature du prolétariat est une formule militante employée par Marx à l’encontre de la dictature du capital (dictature de la bourgeoisie/capitalisme) sous ses différentes façades (démocratie bourgeoise, dictature fasciste, …). Il s’agirait de la formation d’un nouvel État, dit État ouvrier, où les travailleurs joueraient un rôle actif dans la construction du socialisme et dans la marche vers le communisme.
Dans les années 1840, Marx et Engels arrivent à la conclusion que pour créer une société communiste.
• Il faut prendre le contrôle de l’État et de ses structures politiques et juridiques (gouvernement, police, armée).
• Que la classe ouvrière réorganise l’économie dans un sens collectiviste : c’est-à-dire que les moyens de production (entreprises, fermes, mines, etc.) et les services sociaux soient gérés démocratiquement par les travailleurs et que la planification remplace le marché. Étant donné que cela signifie supprimer la bourgeoisie en tant que classe en l’expropriant, il s’agit d’une dictature du prolétariat.
Autrement dit, les travailleurs prendront le pouvoir politique et économique, sur la bourgeoisie.
Voici les étapes pour y arriver, telles que moi-même les comprend :
1. Prendre le contrôle de l’État
Les travailleurs devront d’une manière ou d’une autre prendre le pouvoir sur l’État, par la voie militaire comme à Cuba, la voie électorale comme aux Venezuela est une impasse pour prendre le contrôle de l’État mais cela ouvre de bonnes portes, puisque la stratégie à suivre dépendra au fond des possibilités démocratiques que disposent les travailleurs pour s’organiser pour ainsi changer le régime politique.
Prenez le cas de Cuba. Fidel Castro devait faire face à une dictature militaire répressive, celle de Fulgencio Batista. La CIA organisa des actions de déstabilisations politiques dans l’ile, afin d’instaurer un climat propice à un coup d’État. Celui-ci eut lieu le 10 mars 1952, soutenu par une frange de l’armée à laquelle Batista promet des augmentations salariales. Revenu au pouvoir, il fait quintupler le salaire présidentiel, suspend la constitution, rétablit la peine de mort et interdit le droit de grève. Un « Bureau de répression des activités communistes » est instauré pour consolider l’autorité de son régime. (1)
Hugo Chavez, au Venezuela, devait, pour sa part, avant de réussir à prendre le pouvoir, faire face à un régime parlementaire néolibéral répressif, en pleine crise économique.
Le virage néolibéral impulsé par le principal leader, à l’époque — il s’appelait Perez — provoqua une série de protestations populaires, notamment par ceux qui, vivant dans les cités-dortoirs de Caracas, devaient se déplacer quotidiennement pour travailler dans la capitale. En peu de temps, le mouvement, qui avaity commençé à Guarenas, s’étendit rapidement à Caracas ainsi que dans d’autres villes (La Guaira, Valencia, Barquisimeto, Mérida, Guayana et les Vallées du Tuy), se transformant en mouvement d’émeutes générales. L’armée le réprima dans le sang, le Caracazo, faisant des centaines de morts. Le président Pérez refusa pourtant d’assumer toute responsabilité dans cette répression. (2)
L’impasse du Venezuela c’est l’impasse du parlementarisme et du réformisme.
- La révolution bolivarienne n’est pas une révolution à proprement dit puisqu’elle ne renverse pas les anciennes structures de l’état par un nouvelle état ouvrier comme à Cuba par exemple.
- La révolution bolivarienne est l’équivalente radical de Québec-solidaire et du Parti Québécois, c’est à dire qu’elle propose des changement dans sa structure actuelle, c’est-à-dire le systèmes capitaliste au sein du parlement avec la bourgeoisie.
- Le but d’une révolution est de renverser le pouvoir, c’est-à-dire la classe sociale qui dirige ainsi que l’ancienne structure gouvernemental donc le parlement.
Et pour cela il faut un parti d’avant-garde de type marxiste-léniniste avec le centralismes démocratique, une ligne de masses ainsi qu’une ligne qui correspond aux conditions matérielles du pays, c’est-à-dire une compréhensions aigue des enjeux politique et économique pour avoir une stratégie adaptée et non faire un copier-coller des révolutions passée.
Ils faut être présent dans les syndicat, les manifestations, et chercher à faire bouger les mouvement sociaux et politiques pour éduquer le prolétariat québécois à exercer son pouvoir politique contre la bourgeoisie, en édifiant sont parti communiste, ainsi que ses conseils ouvriers qui seront par la suite la nouvelle structure qui devront remplacer celles de la bourgeoisie.
2. Changer la structure économique et politique
Les travailleurs devront ensuite changer la structure politique et économique en leur faveur.
C’est à dire :
• Nationaliser les banques.
• Transformer les services privés en services publics. (électricité, écoles, hôpitaux, clinique, etc. )
• Nationaliser les grandes entreprises stratégiques.
• Collectiviser progressivement les petites entreprises et instaurer des assemblées de travailleurs dans celles-ci.
• Construire des assemblées citoyennes ( conseil ) pour une démocratie participative, etc.
Pour plus d’information, je vous invite à lire, à propos de tout cela, notre propre programme politique (3).
3. Combattre la contre-révolution
Il faudra prendre en compte que les capitalistes feront alors tout pour récupérer le pouvoir politique qu’ils ont perdu. Ils agiront ainsi par toutes sortes de moyens , incluant par exemple les embargos, les coups d’État, et la propagande extérieure (dans les autres pays) et intérieurs (à l’intérieur du pays).
Les capitalistes tenteront toujours de discréditer les expériences socialistes parce qu’elles peuvent servir de modèles aux travailleurs, donc chaque pays et/ou expérience communiste sera victime de propagande.
Le jour où les travailleurs pourront malgré tout cela obtenir le pouvoir politique, ils devront ensuite être en mesure de le défendre, en utilisant bien sûr l’État qu’ils ont pris aux capitalistes, mais aussi en le transformant afin qu’il puisse aussi servir les besoins de la nouvelle situation.
Il faudra mener des campagnes contre la propagande bourgeoise, arrêter les contre-révolutionnaires ainsi que leurs groupes et chercher à persuader et éduquer les contre-révolutionnaires avec l’instauration de la nouvelle démocratie, ainsi que d’une révolution culturelle dans le meilleur des cas et, dans le pire des cas, utiliser l’armée dans une situation de coup d’État ou d’une invasion américaine, par exemple. Donc en définitive tout dépend de la situation politique, à laquelle la solution doit être adaptée.
J’aimerais pouvoir dire qu’on peut faire tout cela sans autorité et sans violence, mais cela ne sera pas toujours possible. Je ne pense pas que ce soit une fin en soi et j’aimerais terminer en disant que les communistes du XXIe siècles devront davantage utiliser la diplomatie et la démocratie citoyenne dans la future « dictature du prolétariat ». L’État socialiste est le meilleur alliée de la classe ouvrière pour se protéger de la contre-révolution et des pays capitalistes.
Lénine disait : « La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la nouvelle classe contre un ennemi plus puissant, contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production. Car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production: or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions.
La dictature du prolétariat est indispensable, et qu’il serait impossible de vaincre la bourgeoisie, sans une guerre prolongée, opiniâtre, acharnée, sans une guerre à mort qui exige la maîtrise de soi, la discipline, la fermeté, une volonté une et inflexible. » L’État et la révolution
« Le programme de notre Parti et la Constitution soviétique, cet État, est une machine qui permet aux uns d’opprimer les autres. Et cette machine, nous la remettrons aux mains de la classe qui doit renverser le pouvoir du capital. Nous rejetterons tous les vieux préjugés selon lesquels l’État, c’est l’égalité générale. Ce n’est qu’un leurre ; tant que l’exploitation subsiste, l’égalité est impossible. Le grand propriétaire foncier ne peut être l’égal de l’ouvrier, ni l’affamé du repu. Cet appareil qu’on appelait l’État, qui inspire aux hommes une superstitieuse vénération, ajoutant foi aux vieilles fables d’après lesquelles l’État, c’est le pouvoir du peuple entier, – le prolétariat le rejette et dit : c’est un mensonge bourgeois. Cette machine, nous l’avons enlevée aux capitalistes, nous nous en sommes emparés. Avec cette machine, ou avec ce gourdin, nous anéantirons toute exploitation ; et quand il ne restera plus sur la terre aucune possibilité d’exploiter autrui, qu’il ne restera plus ni propriétaires fonciers, ni propriétaires de fabriques, qu’il n’y aura plus de gavés d’un côté et d’affamés de l’autre, quand cela sera devenu impossible, alors seulement nous mettrons cette machine à la ferraille. Alors, il n’y aura plus d’État, plus d’exploitation. Tel est le point de vue de notre Parti communiste. » De l’État
Références :
(1) : Wikipedia.
(2) : Également sur Wikipedia.
(3) : Le programme du PCQ.
À lire aussi dans son entiereté :
La brochure de Lénine, intitulée : « De l’État ».