Tiré de « Les principes du marxisme-léninisme », ouvrage collectif sous la direction d’Otto Wille Kuusinen, Éditions en langues étrangères Moscou, 1961.
Les partis communistes sont depuis des années dans les premiers rangs du mouvement de libération nationale. Malgré la terreur des autorités coloniales et les persécutions auxquelles se livre la réaction indigène, féodale et bourgeoise, les communistes apportent une contribution énorme à la lutte des peuples pour la liberté et l’indépendance. Défendant les intérêts nationaux et aussi les revendications des ouvriers et des paysans, les communistes font preuve d’une vaillance inébranlable et consentent de grands sacrifices. Les peuples savent bien que les communistes sont des combattants intrépides contre l’impérialisme, l’injustice sociale et l’oppression, d’où qu’elle vienne.
Là où les masses populaires ont confié à des communistes la direction de l’État comme dans la République populaire de Chine, dans la République démocratique populaire de Corée et la République démocratique du Viet-Nam, la lutte pour l’indépendance, pour l’épanouissement de l’économie et de la culture nationales, pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des masses est couronnée de succès.
Dans les pays où les communistes participent activement au front uni de libération nationale, ils luttent activement et avec abnégation pour la cause commune, s’emploient à résoudre radicalement les grands problèmes nationaux, à satisfaire les besoins pressants et les aspirations des masses laborieuses. Ils collaborent honnêtement avec les autres forces patriotiques, font preuve de loyauté à l’égard de leurs partenaires dans la lutte anti-impérialiste, et demeurent fidèles à leurs engagements. Désormais, le succès de la libération et de la renaissance nationale est inconcevable sans la participation des communistes.
L’anticommunisme, qui risque de désagréger et de diviser les rangs des combattants contre l’impérialisme, si la riposte n’est pas donnée à temps, est d’autant plus dangereux pour le mouvement de libération nationale.
L’anticommunisme est attisé avant tout par les colonialistes chassés des colonies et qui refusent de se résigner. Les agents de l’impérialisme sont constamment à l’affut des points faibles dans les pays libérés. Ils intimident les politiciens bornés en agitant l’« épouvantail communiste », afin de détourner l’attention de la lutte contre le danger véritable, à savoir l’impérialisme ; ils sèment la méfiance dans les rangs du front national, dressent les uns contre les autres les pays et les diverses couches de la population. C’est ainsi que les rapaces impérialistes s’attachent à ébranler l’unité intérieure, si nécessaire aux jeunes État, à briser leur solidarité internationale et, si possible, à les opposer dans l’espoir d’en faire une fois encore leur proie facile. On pourrait multiplier les exemples de cette tactique perfide dans le Proche-Orient et en Indochine.
Dans la propagande de l’anticommunisme, les colonialistes s’appuient principalement sur leurs agents de l’ancienne clique bourgeoise et féodale. Mais ils spéculent aussi avec habileté sur les erreurs de certains éléments nationalistes au pouvoir dans plusieurs jeunes États d’Orient. Ne pouvant toujours comprendre et apprécier judicieusement les causes des difficultés qui surgissent dans ces États, les groupes nationalistes en rejettent la responsabilité sur les communistes, ce qui, objectivement, fait le jeu des puissances impérialistes.
L’étroitesse de l’idéologie nationaliste se révèle dans ce domaine d’une manière particulièrement frappante. En effet, le nationaliste bourgeois considère comme une chose allant de soi l’union de toutes les forces patriotiques de la nation dans la lutte pour l’indépendance, contre les colonialistes. Mais le nationaliste bourgeois à courte vue se refuse à comprendre que l’unité des forces patriotiques ne tombe pas du ciel, et qu’elle n’est pas chose immuable, donnée une fois pour toutes. Après l’expulsion des colonialistes, lorsque les grands problèmes nationaux sont résolus pour l’essentiel, la société commence nécessairement à chercher la réponse aux questions posées par la vie, et on voit surgir différentes opinions sur les voies de l’évolution sociale. Par exemple, à propos de la réforme agraire, on s’aperçoit que les paysans et les propriétaires fonciers ont des vues différentes. De même, les ouvriers et les patrons qui, tout récemment encore, luttaient côtes à côtes contre les impérialistes, ont des opinions divergentes. Cela est parfaitement naturel, car le nationalisme n’abolit pas distinctions de classes, les contradictions des intérêts de classe.
La sagesse politique consiste précisément, après la conquête de l’indépendance nationale, à rechercher la voie permettant de résoudre les problèmes primordiaux du progrès social, soulevé dans chaque pays. Mais certains nationalistes bourgeois se refusent à en tenir compte. Ils exigent que les ouvriers sacrifient, au nom de l’unité nationale, leurs revendications touchant la réduction de la journée de travail et l’augmentation des salaires, que les paysans renoncent à un partage équitable de la terre, etc. Et quand cela ne réussit pas, quand les rapports sociaux commencent à s’aggraver, les éléments nationalistes se mettent à chercher un bouc émissaire. Ils accusent les communistes d’affaiblir l’unité nationale. Ils croient apercevoir partout des « complots communistes » alors qu’en réalité il s’agit de processus objectifs de l’évolution sociale qui, loin de dépendre de la volonté de tel ou tel parti, sont dus à l’existence des classes et à leurs intérêts distincts.
Les attaques dirigées contre les communistes ne peuvent réjouir que les ennemis de l’indépendance nationale des peuples, car les communistes représentent la force la plus active, la plus militante dans la lutte contre l’impérialisme.
Dans son rapport au XXIe Congrès du P.C.U.S., N. Khrouchtchev a dit à ce propos : « . . . Il est injuste d’accuser les communistes de contribuer à l’affaiblissement ou à la division des efforts nationaux dans la lutte contre l’impérialisme. Au contraire, il n’est pas d’hommes plus courageux et dévoués à la lutte contre les colonialistes que les communistes. . .
La lutte contre les partis communistes et les autres partis progressistes est une œuvre réactionnaire. Loin d’unir les forces nationales, la politique anticommuniste ne fait que les diviser et, par conséquent, affaiblit les efforts de toute la nation pour protéger ses intérêts contre l’impérialisme. »
Toute l’expérience sociales des dernières années confirme la justesse de cette thèse. Chose caractéristique : la vague boueuse de l’anticommunisme, des persécutions contre les partis marxistes-léninistes et leur presse, se lève avant tout dans les pays où les milieux dirigeants se préparent à conclure un marché avec les forces impérialistes. Bien entendu, ce n’est pas là un effet du hasard. Celui qui est vraiment dévoué à l’indépendance nationale et à la liberté, qui ne songe pas à des compromis avec les impérialistes aux dépens du peuple, qui désire sérieusement, après la solution des grands problèmes nationaux, résoudre les problèmes de l’affranchissement social des masses laborieuses, – celui-là n’a pas de raison de craindre et de haïr les communistes.