La « democracy » québécoise

En tant que souverainiste et nationaliste québécois, il est facile de tomber sous le charme des partis souverainistes présents dans la scène politique québécoise grâce à leurs discours idéalistes; vouloir combattre pour la justice sociale au sein de Québec Solidaire, rêver d’un Québec libre à la suite d’une victoire du OUI en 1995 au sein du Parti Québécois … Je l’admets, en étant un ancien membre de ces deux partis, ces discours sont souvent très bien pensés et rassembleurs au sein des militants nationalistes; cette vision parfaite de notre mouvement peut attirer énormément les jeunes rêveurs en plein épanouissement politique. Cependant, ces partis, aussi charmeurs qu’ils puissent être, connaissent-ils vraiment les problèmes des Québécois, ou sont-ils tout simplement des façades de la fausse démocratie canadienne?

Prenons, par exemple, une caissière de la pharmacie de son quartier, monoparentale avec 2 « flos ». Comment peut-elle se sentir écoutée par ces deux partis qui se disent à la défense des intérêts de tous les citoyens québécois? Le PQ, autant fier de ses racines, un parti pour les « Québécois de souches », se montre peu aidant de la classe ouvrière québécoise; tous leurs discours tournent autour la préservation de notre culture, sur l’émancipation politique de notre peuple. Bien sûr, l’émancipation politique de la nation québécoise est une des raisons pour laquelle nous devons faire l’indépendance. En revanche, cette caissière, elle se fiche carrément de ces beaux discours idéalistes, elle veut tout simplement sortir de sa situation économique miteuse et déplorable, que ses enfants ne vivent pas le même enfer qu’elle. De plus, en se comparant aux députés de l’Assemblée nationale, en les voyant vivre leurs vies de bourgeois à boire du vin dans leurs belles maisons ancestrales, comment est-elle supposée se sentir écoutée? Comment est-elle supposée avoir confiance en ses députés s’ils sont complètement déconnectés de sa réalité? Même chose pour Québec Solidaire, mêmes s’ils se disent « défenseurs des pauvres et de la justice sociale », mais qu’une fois le dos tourné profitent de leur vie aisée sur le Plateau, vivent dans leurs appartements dispendieux à boire de la bière de microbrasserie. Il est bien beau de se dire ouverts et progressistes, mais cette « gauche » déconnectée n’attire aucunement les travailleurs québécois. Cela dit, comment cette dame peut-elle se sentir écoutée par ces partis s’ils n’osent pas la comprendre, l’écouter elle? C’est malheureusement le cas de notre « démocratie » au Québec; les masses ouvrières au Québec perdent confiance en l’Assemblée nationale, car elle ne sert que les intérêts des députés carriéristes et de leur ami le patronat. Cette perte de confiance est tout à fait logique et normale. Il est aussi important de noter qu’il y a énormément de politiciens au Québec qui sont issu de l’univers entrepreneurial, comme notre Premier ministre actuel, François Legault, avec son ancien actif Air Transat, ou encore l’ancien chef du Parti Québécois, Pierre-Karl Péladeau, et son quasi-empire et monopole des médias Quebecor. Ceci en dit long sur les intérêts en politique… Depuis notre tout jeune âge, nous apprenons que notre démocratie sert à faire valoir la voix de chaque individu, mais en voyant qui nous représente au sein de l’Assemblée nationale, on peut en douter. Où sont les ouvriers d’usine, les agriculteurs, les enseignants, les caissières monoparentales qui aimeraient tant que leurs voix se fassent entendre pour une fois, qui seraient fiers de défendre les droits de leurs camarades? Notre démocratie ne devrait-elle pas être populaire?

Si nous explorons un peu l’enjeu des Premières nations, il est facile de remarquer que les deux partis souverainistes sont totalement déconnectés de leur réalité. Il est bien sûr primordial de reconnaître que nous sommes sur des territoires historiques autochtones, mais il semble que ces deux partis ne soit pas capables de faire autre chose. Si nous volons tisser des liens avec les autochtones et de bâtir une amitié avec ces peuples, il faut faire plus que de reconnaître leur territoire une fois par année aux assemblées générales du parti, ou d’essayer d’instaurer une fête nationale pour les Premières nations (je ne suis pas contre cette idée bien sûr); il faut reconnaître qu’ils sont encore des victimes de l’impérialisme et du colonialisme anglais, concepts qui pourrissent encore la pseudo-démocratie québécoise. Il faut les aider à rebâtir, tisser des liens de nations à nations, combattre l’état fédéral ensemble comme des frères. Malheureusement, aucun parti actuel n’est capable de faire cela, car la démocratie québécoise en teintée de l’impérialisme colonisateur londonien; il est donc impossible pour les premières nations de s’épanouir pleinement dans le système colonial de la « Province of Quebec », et les deux parti soi-disant souverainistes ne font rien pour changer cela.

Conclusion de cette lamentation de ma part? Il est donc primordial de réaliser que l’indépendance du Québec ne se fera pas au sein d’un système « démocratique » issu de Westminster, mais elle sera plutôt réalisée par les masses québécoises et autochtones. Il faut se départir des faux partis souverainistes et s’unifier dans le but de renverser le régime impérialiste canadien et d’instaurer une république populaire et démocratique, dans laquelle chaque individu aura son mot à dire, mais aussi dans laquelle ses deux peuples vont pouvoir s’épanouir pleinement une fois libre de leurs chaînes.

Mort à l’impérialisme canadien!
Vive la République populaire québécoise!
Vive l’émancipation des québécois et des Premiers peuples!

Albert Moreau

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