100 citations essentielles de Mao Zedong

Nous déposons ici les 100 citations de Mao Zedong que nous jugeons les plus pertinentes. Certains chapitres ne sont pas abordés. Nous pressons le lecteur à mettre une emphase sur 5 chapitres : Les méthodes de pensée et de travail, le rôle dirigeant des comités du Parti, l’élimination des conceptions erronées, les classes et la lutte des classes ainsi que l’étude.

Le Parti communiste

« La rectification est, comme nous le disions, un “mouvement général pour l’éducation marxiste”. C’est en effet l’étude, dans tout le Parti, du marxisme au moyen de la critique et de l’autocritique. Nous approfondirons certainement notre connaissance du marxisme au cours de ce mouvement. »

Les classes et la lutte des classes

« Le peuple, c’est à nous de l’organiser. C’est à nous de l’organiser pour abattre la réaction en Chine. Tout ce qui est réactionnaire est pareil: tant qu’on ne le frappe pas, impossible de le faire tomber. C’est comme lorsqu’on balaie: là où le balai ne passe pas, la poussière ne s’en va pas d’elle-même. »


« La révolution n’est ni un dîner de gala ni une œuvre littéraire, ni un dessin ni une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec autant d’élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d’amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d’âme. La révolution, c’est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. »

« Celui qui se range du côté du peuple révolutionnaire est un révolutionnaire, tandis que celui qui se range du coté de l’impérialisme, du féodalisme et du capitalisme bureaucratique est un contre-révolutionnaire. Celui qui se range en paroles seulement du côté du peuple révolutionnaire, mais agit tout autrement, est un révolutionnaire en paroles; celui-là est un parfait révolutionnaire qui se range non seulement en paroles mais en actes du côté du peuple révolutionnaire. »

« En ce qui nous concerne, qu’il s’agisse d’un individu, d’une armée, d’un parti ou d’une école, j’estime que l’absence d’attaque de l’ennemi contre nous est une mauvaise chose, car elle signifie nécessairement que nous faisons cause commune avec l’ennemi. Si nous sommes attaqués par l’ennemi, c’est une bonne chose car cela prouve que nous avons établi une ligne de démarcation bien nette entre lui et nous. Et si celui-ci nous attaque avec violence, nous peignant sous les couleurs les plus sombres et dénigrant tout ce que nous faisons, c’est encore mieux, car cela prouve non seulement que nous avons établi une ligne de démarcation nette entre l’ennemi et nous, mais encore que nous avons remporté des succès remarquables dans notre travail. »

« Après l’anéantissement des ennemis armés, il restera encore des ennemis non armés; ceux-ci ne manqueront pas de mener contre nous une lutte à mort; nous ne devons jamais les sous-estimer. Si nous ne posons et ne comprenons pas maintenant le problème de cette façon, nous commettrons de très graves erreurs. »

« Les impérialistes et les réactionnaires du pays ne se résigneront jamais à leur défaite; ils se débattront jusqu’à la fin. Même quand la paix et l’ordre auront été rétablis dans l’ensemble du pays, ils continueront par tous les moyens à se livrer au sabotage et à provoquer des troubles, et chercheront à tout instant à rétablir leur domination en Chine. Cela est certain, indubitable; nous ne devons donc absolument pas relâcher notre vigilance. »

« Le dogmatisme et le révisionnisme vont tous deux à l’encontre du marxisme. Le marxisme doit nécessairement avancer, se développer au fur et à mesure que la pratique se développe, et il ne saurait rester sur place. S’il demeurait stagnant et stéréotypé, il n’aurait plus de vie. Toutefois, on ne doit pas enfreindre les principes fondamentaux du marxisme; le faire, c’est tomber dans l’erreur. Considérer le marxisme d’un point de vue métaphysique et comme quelque chose de figé, c’est du dogmatisme. Nier les principes fondamentaux du marxisme et nier sa vérité universelle, c’est du révisionnisme. Le révisionnisme est une forme de l’idéologie bourgeoise. Les révisionnistes effacent la différence entre le socialisme et le capitalisme, entre la dictature du prolétariat et celle de la bourgeoisie. Ce qu’ils préconisent est en fait non pas la ligne socialiste, mais la ligne capitaliste. Dans les circonstances présentes, le révisionnisme est encore plus nuisible que le dogmatisme. Une tâche importante nous incombe sur le front idéologique, celle de développer la critique contre le révisionnisme. »

Le socialisme et le communisme

« Il faut unir à nous les paysans moyens; ce serait une erreur de ne pas le faire. Mais sur qui, dans nos campagnes, la classe ouvrière et le Parti communiste doivent-ils compter pour les rallier, en vue de la transformation socialiste dans l’ensemble des régions rurales? Bien entendu, sur les paysans pauvres, uniquement. Il en fut ainsi quand nous luttions contre les propriétaires fonciers et réalisions la réforme agraire; il en est encore ainsi aujourd’hui alors que nous luttons contre les paysans riches et tout facteur capitaliste, pour réaliser la transformation socialiste de l’agriculture. Au début de ces deux périodes révolutionnaires, les paysans moyens se sont montrés hésitants. Et c’est seulement lorsqu’ils se rendent clairement compte de la tendance générale de la situation et voient que le triomphe de la révolution est imminent qu’ils passent du côté de celle-ci. Les paysans pauvres doivent agit sur les paysans moyens, les gagner à eux pour que la révolution prenne chaque jour plus d’ampleur, et ce jusqu’à la victoire finale. »

« Notre État a pour régime la dictature démocratique populaire dirigée par la classe ouvrière et fondée sur l’alliance des ouvriers et des paysans. Quelles sont les fonctions de cette dictature ? Sa première fonction est d’exercer la répression, à l’intérieur du pays, sur les classes et les éléments réactionnaires ainsi que sur les exploiteurs qui s’opposent à la révolution socialiste, sur ceux qui sapent l’édification socialiste, c’est-à-dire de résoudre les contradictions entre nous et nos ennemis à l’intérieur du pays. Par exemple, arrêter, juger et condamner certains contre-révolutionnaires et retirer, pour un temps déterminé, aux propriétaires fonciers et aux capitalistes bureaucratiques le droit de vote et la liberté de parole — tout cela entre dans le champ d’application de notre dictature. Pour maintenir l’ordre dans la société et défendre les intérêts des masses populaires, il est également nécessaire d’exercer la dictature sur les voleurs, les escrocs, les assassins, les incendiaires, les bandes de voyous et autres mauvais éléments qui troublent sérieusement l’ordre public. La dictature a une deuxième fonction, celle de défendre notre pays contre les activités subversives et les agressions éventuelles des ennemis du dehors. Dans ce cas, la dictature a pour tâche de résoudre sur le plan extérieur les contradictions entre nous et nos ennemis. Le but de la dictature est de protéger le peuple tout entier dans le travail paisible qu’il poursuit pour transformer la Chine en un pays socialiste doté d’une industrie, d’une agriculture, d’une science et d’une culture modernes. »

« L’exercice de la dictature démocratique populaire implique deux méthodes. À l’égard des ennemis, nous employons celle de la dictature; autrement dit, aussi longtemps qu’il sera nécessaire, nous ne leur permettrons pas de participer à l’activité politique, nous les obligerons à se soumettre aux lois du gouvernement populaire, nous les forcerons à travailler de leurs mains pour qu’ils se transforment en hommes nouveaux. Par contre, à l’égard du peuple, ce n’est pas la méthode de la contrainte, mais la méthode démocratique qui intervient; autrement dit, le peuple doit pouvoir participer à l’activité politique; il faut employer à son égard les méthodes démocratiques d’éducation et de persuasion, au lieu de l’obliger à faire ceci ou cela. »

« Notre travail d’édification grandiose pose devant nous une tâche extrêmement ardue. Bien que les communistes soient plus de dix millions en Chine, ils ne représentent qu’une minime partie de la population du pays. Dans nos organismes d’Etat et dans l’ensemble des activités de notre société, l’abondance du travail réclame le concours des non-communistes. Si nous ne savons pas prendre appui sur les masses populaires, ni collaborer avec les non-communistes, il nous sera impossible de mener notre travail à bonne fin. Tout en renforçant l’unité du Parti, nous devons continuer à affermir l’union des nationalités, des classes démocratiques, des partis démocratiques et des organisations populaires, à consolider et à élargir notre front uni démocratique populaire; il nous faut, dans n’importe quel secteur de notre travail, remédier soigneusement à tout ce qui compromet l’union du Parti avec le peuple. »

La juste solution des contradictions au sein du peuple

« Pour avoir une connaissance juste de ces deux types de contradictions — contradictions entre nous et nos ennemis et contradictions au sein du peuple —, il est tout d’abord nécessaire de préciser ce qu’il faut entendre par «peuple» et par «ennemis». … À l’étape actuelle, qui est la période de l’édification socialiste, toutes les classes et couches sociales, tous les groupes sociaux qui approuvent et soutiennent cette édification, et y participent, forment le peuple, alors que toutes les forces sociales et tous les groupes sociaux qui s’opposent à la révolution socialiste, qui sont hostiles à l’édification socialiste ou s’appliquent à la saboter, sont les ennemis du peuple. »

« L’élimination des contre-révolutionnaires est une lutte qui appartient au domaine des contradictions entre nous et nos ennemis. Parmi le peuple, il y a des gens qui voient cette question un peu autrement. Deux catégories de gens ont des vues qui diffèrent des nôtres. Ceux qui ont des vues droitistes ne font pas de différence entre nous et nos ennemis, ils prennent les ennemis pour nos propres gens. Ils considèrent comme des amis ceux que les larges masses considèrent comme des ennemis. Ceux qui ont des vues gauchistes étendent tellement le champ des contradictions entre nous et nos ennemis qu’ils y font entrer certaines contradictions au sein du peuple; ils considèrent comme des contre-révolutionnaires des personnes qui en réalité ne le sont pas. Ces deux points de vue sont erronés. Ils ne permettent ni l’un ni l’autre de résoudre correctement la question de l’élimination des contre-révolutionnaires, ni d’apprécier correctement les résultats de notre travail dans ce sens. »


« Il faut critiquer les défauts du peuple, mais il faut le faire en partant véritablement de la position du peuple; notre critique doit être inspirée par le désir ardent de le défendre et de l’éduquer. Traiter ses camarades comme on traite l’ennemi, c’est adopter la position de ce dernier. »

La guerre et la paix

« « La guerre est la continuation de la politique.» En ce sens, la guerre, c’est la politique; elle est donc en elle-même un acte politique; depuis les temps les plus anciens, il n’y a jamais eu de guerre qui n’ait eu un caractère politique… Mais la guerre a aussi ses caractères spécifiques. En ce sens, elle n’est pas identique à la politique en général. «La guerre est une simple continuation de la politique par d’autres moyens.» Une guerre éclate pour lever les obstacles qui se dressent sur la voie de la politique, quand celle-ci a atteint un certain stade qui ne peut être dépassé par les moyens habituels… Lorsque l’obstacle est levé et le but politique atteint, la guerre prend fin. Tant que l’obstacle n’est pas complètement levé, il faut poursuivre la guerre jusqu’à ce qu’elle atteigne son but politique… C’est pourquoi l’on peut dire que la politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique avec effusion de sang. »

« Provocation de troubles, échec, nouvelle provocation, nouvel échec, et cela jusqu’à leur ruine – telle est la logique des impérialistes et de tous les réactionnaires du monde à l’égard de la cause du peuple; et jamais ils n’iront contre cette logique. C’est là une loi marxiste. Quand nous disons: «l’impérialisme est féroce», nous entendons que sa nature ne changera pas, et que les impérialistes ne voudront jamais poser leur coutelas de boucher, ni ne deviendront jamais des bouddhas, et cela jusqu’à leur ruine. Lutte, échec, nouvelle lutte, nouvel échec, nouvelle lutte encore, et cela jusqu’à la victoire – telle est la logique du peuple, et lui non plus, il n’ira jamais contre cette logique. C’est encore une loi marxiste. La révolution du peuple russe a suivi cette loi, il en est de même de la révolution du peuple chinois. »

L’impérialisme et tous les réactionnaires sont des tigres en papier

« Si les groupes de capitalistes monopoleurs américains persistent dans leur politique d’agression et de guerre, le jour viendra inévitablement où ils seront pendus par tous les peuples du monde. Le même sort attend les complices des États-Unis. »

« Pour combattre l’ennemi, nous avons formé, au cours d’une longue période, ce concept, à savoir que, du point de vue stratégique, nous devons mépriser tous les ennemis, et, du point de vue tactique, en tenir pleinement compte. En d’autres termes, nous devons mépriser l’ennemi dans son ensemble, mais en tenir sérieusement compte en ce qui concerne chaque question concrète. Si nous ne méprisons pas l’ennemi dans son ensemble, nous tomberons dans l’opportunisme. Marx et Engels n’étaient que deux, pourtant ils affirmaient déjà que le capitalisme serait renversé dans le monde entier. Mais sur les questions concrètes et sur les questions se rapportant à chaque ennemi particulier, si nous ne tenons pas suffisamment compte de l’ennemi, nous tomberons dans l’aventurisme. Dans la guerre, les batailles ne peuvent être livrées qu’une à une et les forces ennemies ne peuvent être anéanties qu’unité par unité. Les usines ne peuvent être bâties qu’une par une. Un paysan ne peut labourer la terre que parcelle par parcelle. Il en est de même pour les repas. Stratégiquement, prendre un repas ne nous fait pas peur: nous pourrons en venir à bout. Pratiquement, nous mangeons bouchée par bouchée. Il nous serait impossible d’avaler le repas entier d’un seul coup. C’est ce qu’on appelle la solution un par un. Et en langage militaire, cela s’appelle écraser l’ennemi unité par unité. »

Oser lutter, oser vaincre

« Les peuples et nations opprimés ne doivent absolument pas s’en remettre, pour leur émancipation, à la «sagesse» de l’impérialisme et de ses laquais. C’est seulement en renforçant leur unité et en persévérant dans la lutte qu’ils triompheront. »

La guerre populaire

« Voici nos principes militaires:

1. Attaquer d’abord les forces ennemies dispersées et isolées, et ensuite les forces ennemies concentrées et puissantes.

2. S’emparer d’abord des villes petites et moyennes et des vastes régions rurales, et ensuite des grandes villes.

3. Se fixer pour objectif principal l’anéantissement des forces vives de l’ennemi, et non pas la défense ou la prise d’une ville ou d’un territoire. La possibilité de garder ou de prendre une ville ou un territoire résulte de l’anéantissement des forces vives de l’ennemi, et souvent une ville ou un territoire ne peuvent être tenus ou pris définitivement qu’après avoir changé de mains à plusieurs reprises.

4. À chaque bataille, concentrer des forces d’une supériorité absolue (deux, trois, quatre et parfois même cinq ou six fois celles de l’ennemi), encercler complètement les forces ennemies, s’efforcer de les anéantir totalement, sans leur donner la possibilité de s’échapper du filet. Dans des cas particuliers, infliger à l’ennemi des coups écrasants, c’est-à-dire concentrer toutes nos forces pour une attaque de front et une attaque sur l’un des flancs de l’ennemi ou sur les deux, anéantir une partie de ses troupes et mettre l’autre partie en déroute, afin que notre armée puisse déplacer rapidement ses forces pour écraser d’autres troupes ennemies. S’efforcer d’éviter les batailles d’usure dans lesquelles les gains sont inférieurs aux pertes ou les compensent seulement. Ainsi, bien que dans l’ensemble nous soyons (numériquement parlant) en état d’infériorité, nous avons la supériorité absolue dans chaque secteur déterminé, dans chaque bataille, et ceci nous assure la victoire sur le plan opérationnel. Avec le temps, nous obtiendrons la supériorité dans l’ensemble et finalement nous anéantirons toutes les forces ennemies.

5. Ne pas engager de combat sans préparation, ou un combat dont l’issue victorieuse ne soit pas certaine. Faire les plus grands efforts pour se bien préparer à chaque engagement et pour s’assurer la victoire dans un rapport de conditions donné entre l’ennemi et nous.

6. Mettre pleinement en œuvre notre style de combat — bravoure, esprit de sacrifice, mépris de la fatigue et ténacité dans les combats continus (engagements successifs livrés en un court laps de temps et sans prendre de repos).

7. S’efforcer d’anéantir l’ennemi en recourant à la guerre de mouvement. En même temps, donner son importance à la tactique d’attaque de positions dans le but de s’emparer des points fortifiés et des villes de l’ennemi.

8. En ce qui concerne l’attaque des villes, s’emparer résolument de tous les points fortifiés et de toutes les villes faiblement défendus par l’ennemi. S’emparer au moment propice de tous les points fortifiés et de toutes les villes modérément défendus par l’ennemi, à condition que les circonstances le permettent. Quant aux points fortifiés et villes de l’ennemi puissamment défendus, attendre que les conditions soient mûres, et alors les prendre.

9. Compléter nos forces à l’aide de toutes les armes et de la plus grande partie des effectifs pris à l’ennemi. Les sources principales d’hommes et de matériel pour notre armée sont au front.

10. Savoir mettre à profit l’intervalle entre deux campagnes pour reposer, instruire et consolider nos troupes. Les périodes de repos, d’instruction et de consolidation ne doivent pas, en général, être très longues, et, autant que possible, il ne faut pas laisser à l’ennemi le temps de reprendre haleine. Telles sont les principales méthodes appliquées par l’Armée populaire de Libération pour battre Tchiang Kaï-chek. Elles ont été forgées par l’Armée populaire de Libération au cours de longues années de combats contre les ennemis intérieurs et extérieurs et elles conviennent parfaitement à nos conditions actuelles… Notre stratégie et notre tactique reposent sur la guerre populaire; aucune armée opposée au peuple ne peut utiliser notre stratégie et notre tactique. »

Le rôle dirigeant des comités du Parti

« Mettez les problèmes sur le tapis. C’est ce que doivent faire non seulement le «chef d’escouade», mais aussi les membres du comité. Ne faites pas de critique par derrière. Dès qu’un problème se pose, convoquez une réunion, mettez-le sur le tapis, discutez-le, prenez des décisions, et le problème sera résolu. Si des problèmes existent, mais ne sont pas mis sur le tapis, ils resteront longtemps sans solution, et pourront même traîner des années durant. Le «chef d’escouade» et les membres du comité doivent se montrer compréhensifs dans leurs relations mutuelles. Il n’y a rien de plus important que la compréhension, le soutien et l’amitié entre le secrétaire et les membres du comité, entre le Comité central et ses bureaux ainsi qu’entre les bureaux du Comité central et les comités de territoire du Parti. »

« Consultez les camarades des échelons inférieurs sur ce que vous ne comprenez pas ou ne connaissez pas, et n’exprimez pas à la légère votre approbation ou votre désapprobation. Il ne faut jamais prétendre connaître ce qu’on ne connaît pas et «il ne faut pas avoir honte de consulter ses inférieurs», mais savoir prêter l’oreille aux avis des cadres des échelons inférieurs. Soyez élèves avant d’être maîtres; consultez les cadres des échelons inférieurs avant d’émettre des ordres. Dans ce que disent les cadres des échelons inférieurs, il y a du juste et du faux; nous devons en faire l’analyse. Les idées justes, nous devons les écouter et les suivre. Les avis erronés qui viennent d’en bas, nous devons aussi les écouter; ce serait une erreur de ne pas les écouter du tout, mais au lieu de les suivre, il faut les critiquer. »

« «Avis à la population». Il faut annoncer les réunions d’avance, comme si l’on affichait un avis à la population, pour que chacun sache ce qui va être discuté et quels problèmes sont à résoudre, et que chacun s’y prépare assez tôt. Dans certains endroits, des réunions de cadres sont convoquées sans que rapports et projets de résolutions soient prêts; on les improvise tant bien que mal lorsque les participants sont déjà là; cela rappelle le dicton: «Troupes et chevaux sont là, mais vivres et fourrage ne sont pas prêts». Cette façon de s’y prendre n’est pas bonne. Ne vous hâtez pas de convoquer les réunions si elles ne sont pas bien préparées. »

« «Moins de troupes mais de meilleures, et simplifier l’administration». Causeries, discours, articles et résolutions doivent être clairs et concis. De même, les réunions ne doivent pas être trop longues. »

« Soyez attentifs à collaborer dans l’unité avec les camarades dont les vues diffèrent des vôtres. Dans les organismes locaux aussi bien que dans l’armée, il faut prêter attention à ce principe, qui s’applique également à nos relations avec les personnes en dehors du Parti. Nous sommes venus de tous les coins du pays et nous devons savoir collaborer dans l’unité non seulement avec des camarades qui partagent nos vues, mais aussi avec ceux qui en ont de différentes. »

« Gardez-vous d’être orgueilleux. C’est une question de principe pour tous les dirigeants, et c’est aussi une condition importante pour le maintien de l’unité. Même ceux qui n’ont pas commis de fautes graves et qui ont obtenu de grands succès dans leur travail ne doivent pas être orgueilleux. »

« Au point de vue de l’organisation, il faut appliquer avec rigueur le principe de la vie démocratique sous une direction centralisée, selon les indications suivantes :         
1) Les organes dirigeants du Parti doivent définir une ligne directrice juste, ils doivent trouver la solution des problèmes qui surgissent, et s’ériger ainsi en centres de direction.
2) Les organismes supérieurs doivent bien connaître la situation dans les organismes inférieurs et la vie des masses, afin d’avoir une base objective pour une direction juste.
3) Les organismes du Parti aux différents échelons ne doivent pas prendre de décisions à la légère. Une fois la décision prise, elle doit être appliquée avec fermeté.
4) Toutes les décisions importantes des organismes supérieurs du Parti doivent être portées rapidement à la connaissance des organismes inférieurs et de la masse des membres du Parti. . . .
5) Les organismes inférieurs du Parti et la masse des membres du Parti doivent discuter en détail les directives des organismes supérieurs, en saisir tout le sens et déterminer les méthodes à suivre pour les exécuter. »

La ligne de Masse

« Les masses nourrissent un enthousiasme débordant pour le socialisme. Ceux qui, même en période révolutionnaire, ne savent que suivre la vieille routine sont absolument incapables de discerner cet enthousiasme. Ce sont des aveugles; tout leur paraît sombre. Ils vont même jusqu’à faire passer le vrai pour le faux, le blanc pour le noir. Combien de ces gens-là n’en avons-nous pas vus? De tels individus, qui ne savent que suivre les chemins battus, sous-estiment toujours l’enthousiasme du peuple. Quand un phénomène nouveau apparaît, ils le désapprouvent, d’emblée ils s’y opposent. Puis, ils reconnaissent leur tort et font quelque autocritique. Mais, en présence d’un autre phénomène nouveau, ils se comportent encore et toujours de la même manière. C’est de cette façon qu’ils réagissent devant tout phénomène nouveau. Ces gens-là sont toujours passifs. Dans les moments décisifs, ils n’avancent jamais et ont toujours besoin d’une bourrade dans le dos pour progresser d’un pas. »

« Si nous tenions à passer à l’offensive alors que les masses n’ont pas encore pris conscience, ce serait de l’aventurisme. Si nous voulions à toute force amener les masses à faire quelque chose contre leur gré, nous échouerions à coup sûr. Si nous n’avancions pas, alors que les masses demandent à avancer, ce serait de l’opportunisme de droite. »

Le travail politique

« Le travail politique de la VIIIe Armée de Route repose sur trois principes fondamentaux. Premièrement, le principe de l’union des officiers et des soldats, qui implique l’abolition des pratiques féodales dans l’armée, l’interdiction des châtiments corporels et des injures, l’institution d’une discipline observée de façon consciente et la création d’un genre de vie où officiers et soldats partagent leurs joies et leurs peines, ce qui fait que l’armée est étroitement unie. Deuxièmement, le principe de l’union de l’armée et du peuple. Il implique que la discipline ne tolère pas la moindre atteinte aux intérêts des masses, que l’armée fasse de la propagande parmi elles, qu’elle les organise et les arme, qu’elle allège leurs charges financières et qu’elle châtie les traîtres à la nation qui portent préjudice au peuple et à l’armée elle-même; ainsi elle est unie au peuple et partout bien accueillie. Troisièmement, le principe de la désagrégation des forces de l’ennemi et de la clémence à l’égard des prisonniers de guerre. Notre victoire ne dépend pas seulement des opérations de nos troupes, mais aussi de la désagrégation des forces de l’adversaire. »

« Ce qui compte réellement dans le monde, c’est d’être consciencieux; et c’est ce à quoi le Parti communiste est le plus attaché. »

Les rapports entre officiers et soldats

« Les communistes, lorsqu’ils déploient leur activité parmi les travailleurs, doivent employer les méthodes démocratiques de persuasion et d’éducation, et il est absolument inadmissible de recourir à l’autoritarisme ou à la contrainte. Le Parti communiste chinois est fidèle à ce principe marxiste-léniniste. »

« Nos camarades doivent comprendre que ia rééducation idéologique est une affaire de longue haleine, qu’il faut mener patiemment et minutieusement; il ne faut pas espérer que quelques leçons ou quelques réunions puissent changer une idéologie qui s’est formée au cours d’une vie de plusieurs décennies. On ne peut convaincre que par la persuasion et non par la contrainte. La contrainte aurait pour seul résultat de soumettre sans convaincre. Chercher à soumettre par la force est inadmissible. On peut utiliser cette méthode à l’égard de l’ennemi, mais nullement à l’égard des camarades ou des amis. »

« Nous devons faire une claire distinction entre nous et nos ennemis, et ne pas adopter une position antagoniste à l’égard de nos camarades en les traitant comme l’ennemi. Nos écrits doivent être pénétrés du désir ardent de défendre la cause du peuple et d’élever son niveau de conscience politique, ils ne doivent ni ridiculiser ni attaquer ceux auxquels ils s’adressent. »

Les « trois démocraties »

« Malgré les dures conditions matérielles et les combats incessants, l’Armée rouge tient bon, comme par le passé; cela ne s’explique pas seulement par le rôle du Parti, mais également par la pratique de la démocratie dans l’armée. Les officiers ne frappent pas les soldats; officiers et soldats jouissent de conditions de traitement égaies; les soldats peuvent s’exprimer librement au cours de réunions; les formalités et cérémonies inutiles sont supprimées; l’administration financière se fait au vu et au su de tout le monde. En Chine, la démocratie n’est pas seulement nécessaire au peuple; elle l’est aussi à l’armée. Le régime démocratique dans l’armée constitue une arme importante pour détruire l’armée mercenaire féodale. »

« Dans la grande lutte où il est engagé, le Parti communiste chinois demande à tous ses organes dirigeants, à tous ses membres et cadres de faire preuve d’initiative au plus haut degré, ce qui seul pourra assurer la victoire. Dans la pratique, cette initiative se manifestera dans leur énergie créatrice, le sens des responsabilités, l’ardeur au travail, le courage et l’aptitude à soulever des questions, à exprimer leur opinion, à critiquer les défauts, ainsi que dans le contrôle exercé avec une sollicitude de camarade sur les organismes supérieurs et les cadres dirigeants. Sinon, le terme initiative n’aurait pas de sens. Or, cette initiative se déploie en fonction du degré de démocratie dans la vie du Parti. Elle ne le pourrait pas sans une démocratie suffisante. De même, il n’est possible de former un grand nombre d’hommes capables que si la démocratie règne dans le Parti. »

« A condition de ne pas être un élément hostile et de ne pas lancer d’attaques perfides, chacun peut donner son avis, même s’il se trompe; et les dirigeants de tous les échelons ont le devoir d’écouter. Deux principes doivent être appliqués: 1) Ne tais rien de ce que tu sais, ne garde rien pour toi de ce que tu as à dire; 2) Nul n’est coupable pour avoir parlé, à celui qui écoute de tirer la leçon. Il est impossible de faire observer le premier principe, à moins d’admettre réellement, et non pour la forme, que «nul n’est coupable pour avoir parlé». »

« Le Parti doit éduquer ses membres dans les questions de la démocratie, afin qu’ils comprennent ce qu’est la vie démocratique, quels sont les rapports entre la démocratie et le centralisme et comment se pratique le centralisme démocratique. Ainsi seulement nous pourrons étendre effectivement la démocratie au sein du Parti, tout en évitant l’ultra-démocratisme et ce laisser-aller qui détruit la discipline. »

« II faut, sur le plan de la théorie, détruire les racines de l’ultra-démocratisme. Tout d’abord, il faut montrer que l’ultra-démocratisme menace de saper les organisations du Parti jusqu’à les détruire complètement, qu’il menace d’affaiblir et même de miner tout à fait la capacité combative du Parti, ce qui le mettra hors d’état d’accomplir sa tâche dans les luttes et conduira, par conséquent, la révolution à la défaite. Il convient de montrer ensuite que l’ultra-démocratisme tire son origine de l’indiscipline petite-bourgeoise. En pénétrant dans le Parti, celle-ci se traduit, sur le plan politique et sur le plan de l’organisation, par des conceptions ultra-démocratiques, absolument incompatibles avec les tâches de combat du prolétariat. »

Servir le peuple

« L’esprit du camarade Béthune, oubli total de soi et entier dévouement aux autres, apparaissait dans son profond sens des responsabilités à l’égard du travail et dans son affection sans bornes pour les camarades, pour le peuple. Tout communiste doit le prendre pour exemple. Nous devons apprendre de lui ce parfait esprit d’abnégation. Ainsi, chacun pourra devenir très utile au peuple. Qu’on soit plus ou moins capable, il suffit de posséder cet esprit pour être un homme aux sentiments nobles, intègre, un homme d’une haute moralité, détaché des intérêts mesquins, un homme utile au peuple. »

« Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n’ont pas la même signification. Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait: «Certes, les hommes sont mortels; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d’autres en ont moins qu’une plume.» Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu’une plume. »

Le patriotisme et l’internationalisme

« Le communiste, qui est internationaliste, peut-il être en même temps patriote? Nous pensons que non seulement il le peut, mais le doit. Ce sont les conditions historiques qui déterminent le contenu concret du patriotisme. Il y a notre patriotisme à nous, et il y a le «patriotisme» des agresseurs japonais et celui de Hitler, auxquels les communistes doivent s’opposer résolument. Les communistes japonais et allemands sont pour la défaite de leur propre pays dans la guerre. Il est dans l’intérêt de leurs peuples de contribuer par tous les moyens à la défaite des agresseurs japonais et à celle de Hitler, et plus cette défaite sera complète, mieux cela vaudra. Car les guerres entreprises par les agresseurs japonais et par Hitler sont aussi funestes pour les peuples du Japon et de l’Allemagne que pour les peuples du monde. Il en va autrement de la Chine, qui est victime de l’agression. C’est pourquoi les communistes chinois doivent unir le patriotisme à l’internationalisme. Nous sommes à la fois des internationalistes et des patriotes, et notre mot d’ordre est de combattre l’envahisseur pour défendre la patrie. Pour nous, le défaitisme est un crime, et la lutte pour la victoire dans la Guerre de Résistance est un devoir auquel nous ne pouvons nous soustraire. Car seul le combat pour la défense de la patrie permet de vaincre les agresseurs et de libérer la nation. Et cette libération seule rend possible l’émancipation du prolétariat et de tout le peuple laborieux. La victoire de la Chine sur ses agresseurs impérialistes aidera les peuples des autres pays. Dans la guerre de libération nationale, le patriotisme est donc une application de l’internationalisme. »

« Les peuples du camp socialiste doivent s’unir, ceux des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine doivent s’unir, les peuples de tous les continents doivent s’unir, tous les pays épris de paix comme tous les pays victimes de l’agression, de la mainmise, de l’intervention et des vexations des États-Unis doivent s’unir, afin de former le front uni le plus large contre la politique d’agression et de guerre de l’impérialisme américain et pour la défense de la paix mondiale. »

L’héroïsme révolutionnaire

« Vous avez beaucoup de qualités, vous avez rendu des services méritoires, mais gardez-vous de toute présomption. Vous avez l’estime de tous, et à juste titre, mais c’est précisément ce qui mène facilement à la présomption. Si vous devenez orgueilleux — si vous manquez de modestie, si vous ne faites plus d’efforts, si vous ne respectez pas les autres, si vous ne respectez pas les cadres et les masses — , vous cesserez d’être des héros du travail et des travailleurs modèles. De tels cas se sont présentés dans le passé, et j’espère que vous ne suivrez pas cette voie. »

Édifier le pays avec diligence et économie

« Chez beaucoup de nos cadres se développent des tendances dangereuses, qui se manifestent par leur répugnance à partager avec les masses les joies et les peines et par leur souci de renom et de profits personnels. C’est très mauvais. Au cours du mouvement pour l’accroissement de la production et la réalisation d’économies, nous devons simplifier nos organismes et transférer des cadres aux échelons inférieurs, pour qu’un grand nombre de nos cadres retournent à la production; c’est l’une des méthodes pour surmonter ces dangereuses tendances. »

« La production par laquelle l’armée subvient à ses besoins non seulement améliore ses conditions d’existence, allège la charge du peuple et permet ainsi d’accroître les effectifs, mais apporte une série d’autres avantages immédiats, à savoir:
1) L’amélioration des relations entre officiers et soldats. Travaillant côte à côte dans la production, ils s’entendent comme des frères.
2) Le renforcement de l’amour du travail. . . . Depuis que l’armée s’occupe de production pour subvenir elle-même à ses besoins, l’amour du travail s’y est accru et les mauvaises habitudes propres aux fainéants ont été éliminées.
3) Le renforcement de la discipline. La discipline du travail dans l’activité productrice n’affaiblit pas la discipline des soldats pendant les combats et dans leur vie quotidienne, mais au contraire la renforce.
4) L’amélioration des relations entre l’armée et le peuple. Dans la mesure où les troupes ont leurs propres exploitations, on voit diminuer, ou même disparaître complètement, les atteintes aux biens du peuple. Ce dernier et l’armée s’aident mutuellement dans la production, ce qui renforce encore leur amitié.
5) Les troupes manifestent plus rarement du mécontentement envers les organes du pouvoir, et ainsi leurs relations s’améliorent.
6) Le grand mouvement de la population civile pour le développement de la production se trouve stimulé. Quand l’armée s’occupe elle-même de production, les divers organismes voient plus clairement la nécessité d’en faire autant et s’y consacrent avec plus d’énergie; bien entendu, la population civile voit mieux elle aussi, de ce fait, la nécessité du mouvement général pour le développement de la production et se met à la tache avec plus d’énergie. »

Compter sur ses propres forces et lutter avec endurance

« Sur quelle base notre politique doit-elle reposer? Sur notre propre force; c’est ce qui s’appelle compter sur ses propres forces. Certes, nous ne sommes pas seuls, tous les pays et tous les peuples du monde en lutte contre l’impérialisme sont nos amis. Cependant, nous insistons sur la nécessité de compter sur nos propres forces. En nous appuyant sur les forces que nous avons nous-mêmes organisées, nous pouvons vaincre tous les réactionnaires chinois et étrangers. »

« Afin d’aider le peuple à prendre confiance en la victoire, nous devons constamment lui faire connaître les progrès du monde et son avenir lumineux. En même temps, nous devons dire au peuple et à nos camarades que notre chemin sera sinueux. Il y a encore beaucoup d’obstacles et de difficultés sur le chemin de la révolution. Le VII ème Congrès de notre Parti a envisagé les nombreuses difficultés que nous rencontrerions. Nous préférons les supposer plus nombreuses qu’elles ne sont. Certains camarades aiment mieux ne pas y penser sérieusement. Mais elles sont une réalité; nous devons reconnaître autant de difficultés qu’il y en a et nous garder d’adopter à leur égard une attitude de «non-reconnaissance». Il faut les reconnaître, les analyser et les combattre. Il n’y a pas de routes droites dans le monde; nous devons être prêts à suivre une route tortueuse, sans essayer d’obtenir les choses à peu de frais. II ne faut pas s’imaginer qu’un beau matin tous les réactionnaires tomberont à genoux de leur propre mouvement. En un mot, l’avenir est radieux, mais notre chemin est tortueux. Nous avons encore devant nous beaucoup de difficultés qu’il ne faut pas négliger. En nous unissant avec le peuple tout entier dans un effort commun, nous pourrons certainement les surmonter toutes et parvenir à la victoire. »

« Les camarades du Parti doivent tenir pleinement compte de toutes les difficultés et être prêts à les surmonter systématiquement avec une volonté indomptable. Les forces réactionnaires ont leurs difficultés, et nous avons les nôtres. Mais celles des forces réactionnaires sont insurmontables, parce que ces forces s’acheminent vers la mort, sans aucune perspective d’avenir. Les nôtres peuvent être surmontées, parce que nous sommes des forces jeunes et montantes ayant un avenir lumineux. »

« Qu’est-ce que travailler? Travailler, c’est lutter. Il y a là-bas des difficultés et des problèmes qu’il nous incombe de résoudre. C’est pour vaincre ces difficultés que nous y allons travailler et lutter. Un bon camarade est celui qui tient d’autant plus à aller dans un endroit que les difficultés y sont plus grandes. »

« Dans la Chine antique, il y avait une fable intitulée «Comment Yukong déplaça les montagnes». On y raconte qu’il était une fois, en Chine septentrionale, un vieillard appelé Yukong des Montagnes du Nord. Sa maison donnait, au sud, sur deux grandes montagnes, le Taihang et le Wang-wou, qui en barraient les abords. Yukong décida d’enlever, avec l’aide de ses fils, ces deux montagnes à coups de pioche. Un autre vieillard, nommé Tcheseou, les voyant à l’œuvre, éclata de rire et leur dit: «Quelle sottise faites-vous là! Vous n’arriverez jamais, à vous seuls, à enlever ces deux montagnes!» Yukong lui répondit: «Quand je mourrai, il y aura mes fils; quand ils mourront à leur tour, il y aura les petits-enfants, ainsi les générations se succéderont sans fin. Si hautes que soient ces montagnes, elles ne pourront plus grandir; à chaque coup de pioche, elles diminueront d’autant; pourquoi donc ne parviendrions-nous pas à les aplanir?» Après avoir ainsi réfuté les vues erronées de Tcheseou, Yukong, inébranlable, continua de piocher, jour après jour. Le Ciel en fut ému et envoya sur terre deux génies célestes, qui emportèrent ces montagnes sur leur dos. Aujourd’hui, il y a également deux grosses montagnes qui pèsent lourdement sur le peuple chinois: l’une est l’impérialisme, l’autre le féodalisme. Le Parti communiste chinois a décidé depuis longtemps de les enlever. Nous devons persévérer dans notre tâche et y travailler sans relâche, nous aussi nous arriverons à émouvoir le Ciel. Notre Ciel à nous n’est autre que la masse du peuple chinois. Si elle se dresse tout entière pour enlever avec nous ces deux montagnes, comment ne pourrions-nous pas les aplanir? »

Méthodes de pensée et de travail

« La philosophie marxiste estime que l’essentiel, ce n’est pas de comprendre les lois du monde objectif pour être en état de l’expliquer, mais c’est d’utiliser la connaissance de ces lois pour transformer activement le monde. »

« Engagés dans des luttes diverses au cours de leur pratique sociale, les hommes acquièrent une riche expérience, qu’ils tirent de leurs succès comme de leurs revers. D’innombrables phénomènes du monde extérieur objectif sont reflétés dans le cerveau par le canal des cinq organes des sens — la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher; ainsi se constitue, au début, la connaissance sensible. Quand ces données sensibles se sont suffisamment accumulées, il se produit un bond par lequel elles se transforment en connaissance rationnelle, c’est-à-dire en idées. C’est là un processus de la connaissance. C’est le premier degré du processus général de la connaissance, le degré du passage de la matière, qui est objective, à l’esprit, qui est subjectif, de l’être à la pensée. À ce degré, il n’est pas encore prouvé que l’esprit ou la pensée (donc les théories, la politique, les plans, les moyens d’action envisagés) reflètent correctement les lois du monde objectif; il n’est pas encore possible de déterminer s’ils sont justes ou non. Vient ensuite le second degré du processus de la connaissance, le degré du passage de l’esprit à la matière, de la pensée à l’être: il s’agit alors d’appliquer dans la pratique sociale la connaissance acquise au cours du premier degré, pour voir si ces théories, politique, plans, moyens d’action, etc. produisent les résultats attendus. En général, est juste ce qui réussit, est faux ce qui échoue; cela est vrai surtout de la lutte des hommes contre la nature. Dans la lutte sociale, les forces qui représentent la classe d’avant-garde subissent parfois des revers, non qu’elles aient des idées fausses, mais parce que, dans le rapport des forces qui s’affrontent, elles sont temporairement moins puissantes que les forces de la réaction; de là viennent leurs échecs provisoires, mais elles finissent toujours par triompher. En passant par le creuset de la pratique, la connaissance humaine fait donc un autre bond, d’une plus grande signification encore que le précédent. Seul, en effet, ce bond permet d’éprouver la valeur du premier, c’est-à-dire de s’assurer si les idées, théories, politique, plans, moyens d’action, etc. élaborés au cours du processus de réflexion du monde objectif sont justes ou faux; il n’y a pas d’autre moyen de faire l’épreuve de la vérité. »

« La cause fondamentale du développement des choses et des phénomènes n’est pas externe, mais interne; elle se trouve dans les contradictions internes des choses et des phénomènes eux-mêmes. Toute chose, tout phénomène implique ces contradictions d’où procèdent son mouvement et son développement. Ces contradictions, inhérentes aux choses et aux phénomènes, sont la cause fondamentale de leur développement, alors que leur liaison mutuelle et leur action réciproque n’en constituent que les causes secondes. »

« La dialectique matérialiste considère que les causes externes constituent la condition des changements, que les causes internes en sont la base, et que les causes externes opèrent par l’intermédiaire des causes internes. L’œuf qui a reçu une quantité appropriée de chaleur se transforme en poussin, mais la chaleur ne peut transformer une pierre en poussin, car leurs bases sont différentes. »

« La philosophie marxiste considère que la loi de l’unité des contraires est la loi fondamentale de l’univers. Cette loi agit universellement aussi bien dans la nature que dans la société humaine et dans la pensée des hommes. Entre les aspects opposés de la contradiction, il y a à la fois unité et lutte, c’est cela même qui pousse les choses et les phénomènes à se mouvoir et à changer. L’existence des contradictions est universelle, mais elles revêtent un caractère différent selon le caractère des choses et des phénomènes. Pour chaque chose ou phénomène concret, l’unité des contraires est conditionnée, passagère, transitoire et, pour cette raison, relative, alors que la lutte des contraires est absolue. »

« Seuls les gens qui ont une vue subjective, unilatérale et superficielle des problèmes se mêlent de donner présomptueusement des ordres ou des instructions dès qu’ils arrivent dans un endroit nouveau, sans s’informer de l’état de la situation, sans chercher à voir les choses dans leur ensemble (leur histoire et leur état présent considéré comme un tout) ni à en pénétrer l’essence même (leur caractère et leur liaison interne); il est inévitable que de telles gens trébuchent. »

« Dans l’étude d’une question, il faut se garder d’être subjectif, d’en faire un examen unilatéral et d’être superficiel. Être subjectif, c’est ne pas savoir envisager une question objectivement, c’est-à-dire d’un point de vue matérialiste. J’en ai déjà parlé dans «De la pratique». L’examen unilatéral consiste à ne pas savoir envisager les questions sous tous leurs aspects, . . . ou encore à voir la partie et non le tout, à voir les arbres et non la forêt. Si l’on procède ainsi, il est impossible de trouver la méthode pour résoudre les contradictions, impossible de s’acquitter des tâches de la révolution, impossible de mener à bien le travail qu’on fait, impossible de développer correctement la lutte idéologique dans le Parti. Quand Souentse, traitant de l’art militaire, disait: «Connais ton adversaire et connais-toi toi-même, et tu pourras sans risque livrer cent batailles», il parlait des deux parties belligérantes. Wei Tcheng, sous la dynastie des Tang, comprenait lui aussi l’erreur d’un examen unilatéral lorsqu’il disait: «Qui écoute les deux côtés aura l’esprit éclairé, qui n’écoute qu’un côté restera dans les ténèbres.» Mais nos camarades voient souvent les problèmes d’une manière unilatérale et, de ce fait, il leur arrive souvent d’avoir des anicroches. Lénine dit: «Pour connaître réellement un objet, il faut embrasser et étudier tous ses aspects, toutes ses liaisons et «médiations». Nous n’y arriverons jamais intégralement, mais la nécessité de considérer tous les aspects nous garde des erreurs et de l’engourdissement.» Nous devons retenir ses paroles. Être superficiel, c’est ne pas tenir compte des particularités des contradictions dans leur ensemble, ni des particularités des deux aspects de chaque contradiction, nier la nécessité d’aller au fond des choses et d’étudier minutieusement les particularités de la contradiction, se contenter de regarder de loin et, après une observation approximative de quelques traits superficiels de la contradiction, essayer immédiatement de la résoudre (de répondre à une question, de trancher un différend, de régler une affaire, de diriger une opération militaire). Une telle manière de procéder entraîne toujours des conséquences fâcheuses. Envisager les choses d’une manière unilatérale et superficielle, c’est encore du subjectivisme, car, dans leur être objectif, les choses sont en fait liées les unes aux autres et possèdent des lois internes; or, il est des gens qui, au lieu de refléter les choses telles qu’elles sont, les considèrent d’une manière unilatérale ou superficielle, sans connaître leur liaison mutuelle ni leurs lois internes; une telle méthode est donc subjective. »

« Regarder un seul côté des choses, c’est penser dans l’absolu, c’est envisager les problèmes métaphysiquement. Quand il s’agit d’apprécier notre travail, c’est faire preuve d’une vue unilatérale que de l’approuver entièrement comme de le condamner en bloc. Tout approuver, c’est voir seulement le bon côté et non le mauvais, c’est admettre seulement les louanges et non les critiques. Prétendre que tout va bien dans notre travail ne correspond pas à la réalité. En effet, tout ne marche pas à souhait, et il existe encore des insuffisances et des erreurs. Mais que tout aille mal ne correspond pas non plus à la réalité. Une analyse est donc nécessaire. Tout condamner, c’est considérer, sans esprit d’analyse, que tout est mal fait, que rien ne mérite d’être loué dans une œuvre aussi grandiose que l’édification socialiste, dans cette grande lutte menée par plusieurs centaines de millions d’hommes, et que tout n’y serait que gâchis. Il ne faut certes pas confondre les nombreux partisans de ces vues avec les éléments hostiles au régime socialiste, néanmoins leurs vues sont tout à fait fausses et nuisibles, elles ne peuvent que nous décourager. Pour juger notre travail, l’approbation exclusive est aussi fausse que la négation exclusive. »

« Nous devons apprendre à examiner les problèmes sous tous leurs aspects, à voir non seulement la face mais aussi le revers des choses et des phénomènes. Dans des conditions déterminées, quelque chose de mauvais peut produire de bons résultats et, à son tour, quelque chose de bon peut en produire de mauvais. »

« Tout en reconnaissant que dans le cours général du développement historique le matériel détermine le spirituel, l’être social détermine la conscience sociale, nous reconnaissons et devons reconnaître l’action en retour du spirituel sur le matériel, de la conscience sociale sur l’être social, de la superstructure sur la base économique. Ce faisant, nous ne contredisons pas le matérialisme, mais, évitant de tomber dans le matérialisme mécaniste, nous nous en tenons fermement au matérialisme dialectique. »

« Des deux aspects contradictoires, l’un est nécessairement principal, l’autre secondaire. Le principal, c’est celui qui joue le rôle dominant dans la contradiction. Le caractère des choses et des phénomènes est surtout déterminé par cet aspect principal de la contradiction, lequel occupe la position dominante. Mais cette situation n’est pas statique; l’aspect principal et l’aspect secondaire de la contradiction se convertissent l’un en l’autre et le caractère des phénomènes change en conséquence. »

« Dans une région, il ne saurait y avoir en même temps plusieurs tâches centrales; pour une période donnée, il ne peut y en avoir qu’une seule, à laquelle s’ajoutent d’autres tâches de deuxième ou de troisième ordre. C’est pourquoi le principal responsable d’une région doit, en tenant compte de l’histoire et des circonstances de la lutte dans cette région, accorder à chacune des tâches la place qui lui revient; il ne doit pas agir sans aucun plan, en passant d’une tâche à l’autre à mesure que les instructions lui parviennent, car cela donnerait lieu à autant de «tâches centrales» et aboutirait à la confusion et au désordre. Les organismes supérieurs, pour leur part, ne doivent pas assigner aux organismes inférieurs beaucoup de tâches à la fois sans les classer selon leur degré d’importance et d’urgence et sans spécifier laquelle est la tâche centrale; car cela désorganiserait le travail des organismes inférieurs et les empêcherait d’obtenir les résultats prévus. Un dirigeant doit considérer la situation dans son ensemble, à la lumière des conditions historiques et des circonstances dans une région donnée, déterminer correctement le centre de gravité et l’ordonnance du travail pour chacune des périodes envisagées, puis faire appliquer fermement la décision prise afin que des résultats certains soient obtenus; cela relève de l’art de diriger. »

« Il faut se mettre constamment au courant de la marche du travail, échanger les expériences et corriger les erreurs; il ne faut pas attendre plusieurs mois, un semestre ou une année pour faire, dans des réunions récapitulatives, la somme des erreurs et procéder à une rectification générale. L’attente entraînerait de graves préjudices, alors qu’on en subit moins si les erreurs sont corrigées au fur et à mesure qu’elles surgissent. »

« Ce qu’il nous faut, c’est un état d’esprit enthousiaste mais calme, et une activité intense mais bien ordonnée. »

Enquêtes et recherches

« Tous ceux qui font un travail pratique doivent mener des enquêtes à la base. Pour ceux qui ne comprennent que la théorie, sans rien connaître de la situation réelle, il est encore plus nécessaire de procéder à de telles enquêtes, sous peine de ne pouvoir lier la théorie à la pratique. «Sans enquête, pas de droit à la parole» — cette assertion qu’on a tournée en dérision en la taxant d’«empirisme étroit», je n’ai jamais regretté de l’avoir avancée; je persiste au contraire à soutenir qu’à moins d’avoir enquêté on ne peut prétendre au droit à la parole. Il en est beaucoup qui, «à peine descendus de leur char», s’égosillent, prononcent des harangues, distribuent leurs avis, critiquant ceci, blâmant cela; en fait, sur dix d’entre eux, dix vont au-devant d’un échec. Car leurs discours, leurs critiques, qui ne se fondent sur aucune enquête minutieuse, ne sont que bavardages. Les torts causés à notre Parti par ces «envoyés impériaux» sont innombrables. Et pourtant, ceux-ci sont omniprésents; presque partout on en rencontre. Staline dit fort justement que «la théorie devient sans objet si elle n’est pas rattachée à la pratique révolutionnaire». Bien entendu, il a encore raison d’ajouter que «la pratique devient aveugle si sa voie n’est pas éclairée par la théorie révolutionnaire». Hormis ces praticiens aveugles, sans perspectives ni prévoyance, nul ne peut être accusé d’«empirisme étroit». »

« Nombre de camarades du Parti ont encore un très mauvais style de travail, diamétralement opposé à l’esprit même du marxisme-léninisme; ils sont comme l’homme qui «tente d’attraper un moineau les yeux bandés» ou comme «l’aveugle qui cherche à saisir un poisson», ils ne travaillent pas soigneusement, se complaisent dans des bavardages prétentieux et se contentent de bribes de connaissances mal assimilées. Marx, Engels, Lénine et Staline nous enseignent qu’il faut étudier consciencieusement la situation, en partant de la réalité objective et non de nos désirs subjectifs. Et pourtant, nombre de nos camarades agissent directement à l’encontre de cette vérité. »

« Une réunion d’enquête n’a pas besoin d’être bien nombreuse: trois à cinq personnes, mettons sept ou huit. Pour chaque réunion, il faut prendre tout le temps nécessaire, avoir un questionnaire préparé d’avance, poser les questions et noter les réponses soi-même, entrer en discussion avec les participants. L’enquête sera donc impossible, ou ne donnera pas de bons résultats, si l’on n’a pas un enthousiasme ardent, la détermination de se tourner vers la base, la soif de connaître, si l’on n’a pas le courage de rabattre son orgueil pour accepter d’être un écolier. »

L’élimination des conceptions erronées

« Beaucoup de choses peuvent devenir un fardeau, une charge, si nous nous y attachons aveuglément et inconsciemment. Prenons quelques exemples. Si vous avez fait des fautes, peut-être avez-vous le sentiment que, de toute façon, elles vous resteront sur le dos, et vous voilà découragé; si vous n’avez pas commis d’erreurs, vous pouvez vous croire infaillible et en tirer vanité. Le manque de succès dans le travail peut engendrer le pessimisme et l’abattement, la réussite susciter l’orgueil et l’arrogance. Un camarade qui n’a encore qu’une brève expérience de la lutte peut, de ce fait, chercher à se dérober aux responsabilités, tandis qu’un vétéran peut se buter à cause de son long passé de lutte. Le camarade ouvrier ou paysan, fier de son origine de classe, peut regarder de haut l’intellectuel, tandis que celui-ci, à cause des quelques connaissances qu’il possède, peut avoir du dédain pour le camarade ouvrier ou paysan. Toute qualification professionnelle peut devenir un capital personnel, qui mène à l’arrogance et au mépris d’autrui. Même l’âge peut être un motif de vanité. Les jeunes, se croyant intelligents et capables, mésestiment les vieux; et ceux-ci, parce qu’ils sont riches d’expérience, dédaignent les jeunes. Tout cela devient charges ou fardeau quand fait défaut la conscience critique »

« Ils ne sont pas rares ceux à qui manque le sens des responsabilités dans leur travail, qui choisissent les tâches faciles et se dérobent aux besognes pénibles, laissant aux autres le fardeau le plus lourd et prenant la charge la plus légère. En toute chose, ils pensent d’abord à eux-mêmes, aux autres après. A peine ont-ils accompli quelque effort, craignant qu’on ne s’en soit pas aperçu, ils s’en vantent et s’enflent d’orgueil. Ils n’éprouvent point de sentiments chaleureux pour les camarades et pour le peuple, ils n’ont à leur endroit que froideur, indifférence, insensibilité. En vérité, ces gens-là ne sont pas des communistes ou, du moins, ne peuvent être considérés comme de vrais communistes. »

« L’esprit d’«indépendance» est souvent inséparable de la tendance à mettre son «moi» au premier plan. Ceux qui y sont enclins ont fréquemment une manière incorrecte d’aborder le problème des rapports entre l’individu et le Parti. En paroles, ils respectent, eux aussi, le Parti, mais dans la pratique, ils placent leur personne au premier plan et le Parti au second. Dans quel but ces gens se mettent-ils en quatre? Ils recherchent les honneurs, ils convoitent une position, ils veulent paraître. Quand ils ont la charge d’un secteur de travail, ils réclament immédiatement leur «indépendance». A cette fin, ils séduisent les uns, écartent les autres, recourent à la flatterie et au racolage parmi les camarades; ils transportent dans le Parti communiste les mœurs viles des partis bourgeois. La malhonnêteté les perd. J’estime qu’il nous faut travailler avec honnêteté. Sinon, il est absolument impossible d’accomplir aucune tâche dans le monde. »

« Les communistes doivent comprendre cette vérité: il est indispensable de subordonner les besoins de la partie à ceux de l’ensemble. Si une proposition correspond seulement à une situation particulière, et non à la situation générale, il faut subordonner la partie au tout. Il en va de même dans le cas inverse: si une proposition ne correspond pas à une situation particulière mais à la situation générale, il faut également subordonner la partie au tout. Voilà ce que veut dire tenir compte de la situation d’ensemble. »

« Il faut lutter contre les tendances particularistes qui consistent à ne tenir compte que de ses propres intérêts en négligeant ceux des autres. Tous ceux qui restent indifférents devant les difficultés des autres, qui repoussent leurs demandes d’envoi de cadres ou ne leur en cèdent que de mauvais, qui «considèrent le champ du voisin comme leur déversoir», qui se désintéressent complètement des autres unités, régions ou secteurs de travail sont des particularistes. Ils ont entièrement perdu l’esprit communiste. Ce qui les caractérise, c’est le refus de considérer les intérêts de l’ensemble, c’est l’indifférence totale à l’égard des autres unités, régions ou secteurs de travail. Il faut renforcer l’éducation de ces gens pour leur faire comprendre que ce sont là des tendances sectaires qui, si on leur laissait libre cours, risqueraient de devenir très dangereuses. »

« Le libéralisme se manifeste sous diverses formes :
On sait très bien que quelqu’un est dans son tort, mais comme c’est une vieille connaissance, un compatriote, un camarade d’école, un ami intime, une personne aimée, un ancien collègue ou subordonné, on n’engage pas avec lui une discussion sur les principes et on laisse aller les choses par souci de maintenir la bonne entente et l’amitié. Ou bien, on ne fait qu’effleurer la question au lieu de la trancher, afin de rester en bons termes avec l’intéressé. Il en résulte qu’on fait du tort à la collectivité comme à celui-ci. C’est une première forme de libéralisme.
On se livre, en privé, à des critiques dont on n’assume pas la responsabilité au lieu de s’employer à faire des suggestions à l’organisation. On ne dit rien aux gens en face, on fait des cancans derrière leur dos; on se tait à la réunion, on parle à tort et à travers après. On se moque du principe de la vie collective, on n’en fait qu’à sa tête. C’est une deuxième forme de l’libéralisme.
On se désintéresse complètement de tout ce qui ne vous concerne pas; même si l’on sait très bien ce qui ne va pas, on en parle le moins possible; en homme sage, on se met à l’abri et on a pour seul souci de n’être pas pris soi-même en défaut. C’en est la troisième forme.
On n’obéit pas aux ordres, on place ses opinions personnelles au-dessus de tout. On n’attend que des égards de l’organisation et on ne veut pas de sa discipline. C’en est la quatrième forme.
Au lieu de réfuter, de combattre les opinions erronées dans l’intérêt de l’union, du progrès et du bon accomplissement du travail, on lance des attaques personnelles, on cherche querelle, on exhale son ressentiment, on essaie de se venger. C’en est la cinquième forme.
On entend des opinions erronées sans élever d’objection, on laisse même passer des propos contre-révolutionnaires sans les signaler: on les prend avec calme, comme si de rien n’était. C’en est la sixième forme.
On se trouve avec les masses, mais on ne fait pas de propagande, pas d’agitation, on ne prend pas la parole, on ne s’informe pas, on ne questionne pas, on n’a pas à cœur le sort du peuple, on reste dans l’indifférence, oubliant qu’on est un communiste et non un simple particulier. C’en est la septième forme.
On voit quelqu’un commettre des actes nuisibles aux intérêts des masses, mais on n’en est pas indigné, on ne l’en détourne pas, on ne l’en empêche pas, on n’entreprend pas de l’éclairer sur ce qu’il fait et on le laisse continuer. C’en est la huitième forme.
On ne travaille pas sérieusement mais;, pour la forme, sans plan ni orientation; cahin-caha: «Bonze, je sonne les cloches au jour le jour». C’en est la neuvième forme.
On croit avoir rendu des services à la révolution et on se donne des airs de vétéran; on est incapable de faire de grandes, choses, mais on dédaigne les tâches mineures; on se relâche dans le travail et dans l’étude. C’en est la dixième forme.
On a commis des erreurs, on s’en rend compte, mais on n’a pas envie de les corriger, faisant preuve ainsi de libéralisme envers soi-même. C’en est la onzième forme. »

« Les libéraux considèrent les principes du marxisme comme des dogmes abstraits. Ils approuvent le marxisme, mais ne sont pas disposés à le mettre en pratique ou à le mettre intégralement en pratique; ils ne sont pas disposés à remplacer leur libéralisme par le marxisme. Ils ont fait provision de l’un comme de l’autre: ils ont le marxisme à la bouche, mais pratiquent le libéralisme; ils appliquent le premier aux autres, le second à eux-mêmes. Ils ont les deux articles et chacun a son usage. Telle est la façon de penser de certaines gens. »

L’unité

« Ce procédé démocratique destiné à résoudre les contradictions au sein du peuple, nous l’avons résumé en 1942 dans la formule: «Unité – critique – unité». Plus explicitement, c’est partir du désir d’unité et arriver, en résolvant les contradictions par la critique ou la lutte, à une nouvelle unité reposant sur une base nouvelle. Nous avons pu constater d’après notre expérience que c’est là une méthode correcte pour résoudre les contradictions au sein du peuple. »

La discipline

« Au sein du peuple, la démocratie est corrélative du centralisme, la liberté de la discipline. Ce sont deux aspects contradictoires d’un tout unique; ils sont en contradiction, mais en même temps unis, et nous ne devons pas souligner unilatéralement l’un de ces aspects et nier l’autre. Au sein du peuple, on ne peut se passer de liberté, mais on ne peut non plus se passer de discipline; on ne peut se passer de démocratie, mais on ne peut non plus se passer de centralisme. Cette unité de la démocratie et du centralisme, de la liberté et de la discipline constitue notre centralisme démocratique. Sous un tel régime, le peuple jouit d’une démocratie et d’une liberté étendues, mais en même temps, il doit se tenir dans les limites de la discipline socialiste. »

« L’une des règles de discipline du Parti, c’est la soumission de la minorité à la majorité. La minorité, qui voit son point de vue repoussé, doit se rallier à la décision prise par la majorité. En cas de nécessité, la question peut être posée de nouveau à la réunion suivante, mais aucune action allant à l’encontre de la décision n’est permise. »

« Les trois grandes règles de discipline sont les suivantes :

1)     Obéissez aux ordres dans tous vos actes.

2)     Ne prenez pas aux masses une seule aiguille, un seul bout de fil.

3)     Remettez tout butin aux autorités.

Les huit recommandations sont les suivantes :

1)     Parlez poliment.

2)     Payez honnêtement ce que vous achetez.

3)     Rendez tout ce que vous empruntez.

4)     Payez ou remplacez tout ce que vous endommagez.

5)     Ne frappez pas et n’injuriez pas les gens.

6)     Ne causez pas de dommages aux récoltes.

7)     Ne prenez pas de libertés avec les femmes.

8)     Ne maltraitez pas les prisonniers. »

La critique et l’autocritique

« Il est encore un trait marquant qui nous distingue des autres partis, c’est la pratique consciencieuse de l’autocritique. Comme nous l’avons déjà dit, nous devons constamment balayer notre chambre, sinon la poussière s’y entassera; nous devons nous laver régulièrement la figure, sinon elle sera toute souillée. Dans l’esprit de nos camarades et le travail de notre Parti, bien de la poussière peut aussi s’amasser; c’est pourquoi nous devons balayer et laver. Le proverbe: «L’eau courante ne peut croupir et le gond d’une porte n’est jamais vermoulu» signifie que le mouvement constant empêche l’action corruptrice des microbes et des parasites. Examiner sans cesse notre travail, introduire largement dans cet examen le style de travail démocratique, ne redouter ni la critique ni l’autocritique, appliquer les maximes si instructives du peuple chinois: «Ne tais rien de ce que tu sais, ne garde rien pour toi de ce que tu as à dire», «Nul n’est coupable pour avoir parlé, à celui qui écoute de tirer la leçon», «Si tu as des défauts, corrige-toi; si tu n’en as pas, surveille-toi»; voilà la seule manière efficace de préserver l’esprit de nos camarades et l’organisme de notre Parti de toute contamination par les poussières et les microbes politiques. »

« Dans notre lutte contre le subjectivisme, le sectarisme et le style stéréotypé du Parti, il est deux préceptes que nous ne devons pas perdre de vue: en premier lieu, «tirer la leçon des erreurs passées pour en éviter le retour», en second lieu, «guérir la maladie pour sauver l’homme». Il est indispensable de dénoncer sans aucune exception les erreurs commises, en dehors de toute considération de personne, de soumettre à une analyse et à une critique scientifiques tout ce qu’il y a eu de négatif dans le passé, afin d’agir à l’avenir avec plus de circonspection et de travailler mieux. Tel est le sens du premier précepte. Toutefois, en mettant en évidence les erreurs et en critiquant les défauts, nous poursuivons le même but qu’un médecin: il soigne le malade pour lui sauver la vie et non pour le faire périr. Quelqu’un souffre de l’appendicite: le médecin enlève l’appendice et sauve ainsi la vie du patient. Si celui qui a commis une erreur ne dissimule pas sa maladie par crainte du traitement et ne persiste pas dans son erreur au point de ne plus pouvoir être guéri, mais manifeste honnêtement, sincèrement, le désir de se soigner, de se corriger, nous nous en réjouirons et nous le guérirons, afin qu’il devienne un bon camarade. Cette tâche, nous ne pourrons jamais la remplir avec succès si, cédant à l’impulsion du moment, nous frappons sans merci. Pour soigner une maladie idéologique ou politique, il faut se garder de toute brutalité: la seule méthode juste et efficace, c’est de «guérir la maladie pour sauver l’homme». »

« Pour ce qui est de la critique à l’intérieur du Parti, un autre point doit être mentionné, à savoir que certains camarades, dans leur critique, ne font pas attention à ce qui est important, mais s’attachent seulement à ce qui est insignifiant. Ils ne comprennent pas que la critique a pour tâche principale de mettre en évidence les erreurs politiques et les fautes d’organisation. Quant à la critique des défauts personnels, il ne faut pas trop y insister s’ils ne sont pas liés à des erreurs politiques ou à des fautes d’organisation, de peur de laisser les camarades désemparés. En outre, si pareille critique se développe, l’attention de l’organisation du Parti se portera uniquement sur de petites choses, et les camarades deviendront des gens pusillanimes qui oublieront les tâches politiques du Parti; c’est là un très grand danger. »

« La critique doit être faîte à temps ; il faut se défaire de ce penchant qui consiste à ne critiquer qu’après coup. »

Les communistes

« Un communiste doit être franc et ouvert, dévoué et actif; il placera les intérêts de la révolution au-dessus de sa propre vie et leur subordonnera ses intérêts personnels. Il doit toujours et partout s’en tenir fermement aux principes justes et mener une lutte inlassable contre toute idée ou action erronée, de manière à consolider la vie collective du Parti et à renforcer les liens de celui-ci avec les masses. Enfin, il se souciera davantage du Parti et des masses que de l’individu, il prendra soin des autres plus que de lui-même. C’est seulement ainsi qu’il méritera le nom de communiste. »

« À aucun moment, en aucun lieu, un communiste ne doit placer en premier plan ses intérêts personnels, il doit les subordonner aux intérêts de la nation et des masses populaires. C’est pourquoi l’égoïsme, le relâchement dans le travail, la corruption, l’ostentation, etc. méritent le plus grand mépris, alors que le désintéressement, l’ardeur au travail, le dévouement à l’intérêt public, l’effort assidu et acharné commandent le respect. »

« En toute chose, un communiste doit se poser la question du pourquoi; il doit réfléchir mûrement, voir si tout est en conformité avec la réalité et vraiment fondé. En aucun cas, il ne faut suivre aveuglément les autres et préconiser la soumission servile à l’opinion d’autrui. »

« Les communistes sont tenus d’écouter attentivement l’opinion des non-communistes et de leur donner la possibilité de s’exprimer. Si ce qu’ils disent est juste, nous y applaudirons et nous ferons notre profit de leurs points forts; s’ils disent des choses fausses, nous devons quand même leur permettre d’exposer tout ce qu’ils ont à dire, et leur donner ensuite, avec patience, les explications nécessaires. »

Les cadres

« Pour être sûrs que notre Parti et notre pays ne changeront pas de couleur, nous devons non seulement avoir une ligne et une politique justes, mais éduquer et former des millions de continuateurs de la cause révolutionnaire du prolétariat.
En dernière analyse, former ceux qui prendront la relève de la cause révolutionnaire du prolétariat consiste à savoir s’il existe une jeune génération capable de poursuivre la cause révolutionnaire marxiste-léniniste entreprise par la vieille génération des révolutionnaires prolétariens, si la direction de notre Parti et de notre pays sera toujours entre les mains des révolutionnaires prolétariens, si nos descendants continueront à avancer dans la bonne voie tracée par le marxisme-léninisme, si nous pouvons parvenir à empêcher un révisionnisme à la Khrouchtchev de se manifester en Chine. Bref, la question est d’une importance extrême, c’est une question de vie ou de mort pour notre Parti et notre État. Et sa portée intéresse la cause révolutionnaire du prolétariat pour une période de cent, mille ou dix mille ans. Les changements intervenus en Union soviétique ont amené les prophètes impérialistes à placer leurs espoirs d’une «évolution pacifique» dans la troisième ou la quatrième génération du Parti chinois. Nous devons faire mentir cette prophétie impérialiste. Nos organisations de partout, des échelons supérieurs aux échelons inférieurs, doivent attacher une attention soutenue à l’éducation et à la formation des continuateurs de la cause révolutionnaire.
Quelles sont les conditions requises pour être de dignes continuateurs de la cause révolutionnaire du prolétariat?
Ils doivent être d’authentiques marxistes-léninistes et non, comme Khrouchtchev, des révisionnistes se parant du marxisme-léninisme.
Ils doivent être des révolutionnaires se mettant corps et âme au service de l’écrasante majorité de la population de la Chine et du monde, et non agir comme Khrouchtchev qui sert les intérêts d’une poignée de gens, la couche bourgeoise privilégiée de son pays, ainsi que les intérêts des impérialistes et des réactionnaires du monde entier. Ils doivent être des hommes politiques du prolétariat capables de s’unir avec l’écrasante majorité et de travailler de concert avec elle. Ils doivent non seulement s’unir avec ceux qui partagent leurs vues, mais encore savoir s’unir avec ceux qui ne les partagent pas, avec ceux qui s’opposaient à eux et dont la pratique a prouvé les erreurs. Cependant, ils doivent être particulièrement vigilants vis-à-vis des arrivistes et des conspirateurs du genre Khrouchtchev et les empêcher d’usurper la direction du Parti et de l’État à quelque échelon que ce soit.
Ils doivent donner l’exemple dans l’application du centralisme démocratique du Parti, maîtriser la méthode de direction basée sur le principe de «partir des masses pour retourner aux masses» et cultiver un style de travail démocratique qui les rend capables d’entendre les masses. Ils ne doivent pas, à l’instar de Khrouchtchev, saper le centralisme démocratique du Parti, se prévaloir d’un pouvoir autocratique, attaquer les camarades par surprise, refuser de comprendre et agir en dictateur.
Ils doivent être modestes et prudents, se garder de toute présomption et de toute précipitation, être capables de pratiquer l’autocritique et avoir le courage de corriger les insuffisances et les erreurs dans leur travail. Ils ne doivent en aucun cas celer leurs erreurs, s’attribuer tous les mérites et rejeter toutes les fautes sur autrui, à l’exemple de Khrouchtchev.
C’est au cours des luttes de masse qu’apparaissent les continuateurs de la cause révolutionnaire du prolétariat; c’est au milieu des grandes tempêtes révolutionnaires qu’ils se forgent et grandissent. Il faut savoir éprouver et apprécier la valeur des cadres, choisir et former nos continuateurs au cours des luttes de masse prolongées. »

« Si, dans notre Parti, il n’existe pas une collaboration pleine et entière entre la grande masse des nouveaux cadres et les vieux cadres, notre cause risque d’être abandonnée à mi-chemin. C’est pourquoi tous les vieux cadres doivent réserver le meilleur accueil aux nouveaux cadres et leur témoigner la plus chaleureuse sollicitude. Bien entendu, ces derniers ont leurs défauts: ils ne participent à la révolution que depuis peu de temps, ils manquent d’expérience, certains traînent encore avec eux des restes de l’idéologie pernicieuse de la vieille société, c’est-à-dire des survivances de l’individualisme petit-bourgeois. Mais ils peuvent éliminer progressivement ces défauts en s’éduquant et en s’aguerrissant dans la révolution. Le trait positif des jeunes cadres, comme le dit Staline, c’est qu’ils ont un sens aigu du nouveau et, partant, font preuve d’un grand enthousiasme, d’une grande activité. Or, c’est justement ce qui fait défaut à certains de nos vieux cadres. Vieux et nouveaux doivent donc se respecter mutuellement, s’instruire les uns auprès des autres, surmonter leurs points faibles en se transmettant leurs qualités, afin de former un bloc uni pour la cause commune et de prévenir les tendances sectaires. »

« Nous devons nous occuper aussi bien des cadres non communistes que des cadres membres du Parti. Il existe en effet à l’extérieur du Parti nombre de gens capables que celui-ci ne doit pas ignorer. Il faut que chaque communiste se débarrasse de toute attitude hautaine et distante, sache collaborer avec les cadres non communistes, les aide sincèrement, adopte à leur égard une attitude de chaude camaraderie et oriente leur activité vers la grande cause de la résistance au Japon et de la construction nationale; tel est son devoir. »

La culture et l’art

« La critique littéraire et artistique comporte deux critères: l’un politique, l’autre artistique. . . .
Et ces deux critères, politique et artistique, quel rapport présentent-ils entre eux? Il est impossible de mettre le signe égal entre la politique et l’art, de même qu’entre une conception générale du monde et les méthodes de la création et de la critique artistiques. Nous nions l’existence non seulement d’un critère politique abstrait et immuable, mais aussi d’un critère artistique abstrait et immuable; chaque classe, dans chaque société de classes, possède son critère propre, aussi bien politique qu’artistique. Néanmoins, n’importe quelle classe, dans n’importe quelle société de classes, met le critère politique à la première place et le critère artistique à la seconde. Quant à nous, nous exigeons l’unité de la politique et de l’art, l’unité du contenu et de la forme, l’unité d’un contenu politique révolutionnaire et d’une forme artistique aussi parfaite que possible. Les œuvres qui manquent de valeur artistique, quelque avancées qu’elles soient au point de vue politique, restent inefficaces. C’est pourquoi nous sommes à la fois contre les œuvres d’art exprimant des vues politiques erronées et contre la tendance à produire des œuvres au «style de slogan et d’affiche», où les vues politiques sont justes mais qui manquent de force d’expression artistique. Nous devons, en littérature et en art, mener la lutte sur deux fronts. »

L’étude

« Il y a deux manières d’apprendre. L’une, dogmatique, consiste à emprunter tout, que cela convienne ou non aux conditions de notre pays. Cette manière-là n’est pas la bonne. L’autre consiste à faire travailler nos cerveaux et à apprendre ce qui correspond aux conditions de notre pays, c’est-à-dire à assimiler l’expérience qui peut nous être utile. C’est celle-là que nous devons adopter. »

« Si, étant arrivé à une théorie juste, on se contente d’en faire un sujet de conversation, pour la laisser ensuite de côté sans la mettre en pratique, cette théorie, si belle qu’elle puisse être, est dépourvue de toute signification. »

« Les connaissances, c’est la science, et la science ne saurait admettre la moindre hypocrisie, la moindre présomption; ce qu’elle exige, c’est assurément le contraire: l’honnêteté et la modestie. »

« Notre ennemi dans l’étude, c’est la suffisance; quiconque veut réellement apprendre doit commencer par s’en débarrasser. «S’instruire sans jamais s’estimer satisfait» et «enseigner sans jamais se lasser», telle doit être notre attitude. »

« Certains se croient bien savants pour avoir lu quelques livres marxistes, mais leurs lectures ne pénètrent pas, ne prennent pas racine dans leur esprit; ils ne savent pas en faire usage et leurs sentiments de classe restent inchangés. D’autres sont pleins de morgue; si peu qu’ils aient lu, ils se croient quelqu’un, se gonflent d’orgueil. Mais dès que souffle la tempête, leur position se révèle fort différente de celle des ouvriers et de la plupart des paysans travailleurs: elle est vacillante alors que celle-ci est ferme, elle est équivoque alors que celle-ci est claire et nette. »

« Pour apprendre le marxisme, il ne suffit pas de l’étudier dans les livres; c’est surtout par la lutte des classes, le travail pratique et les contacts avec les masses ouvrières et paysannes qu’on arrive à le faire sien réellement. Si, après avoir lu des ouvrages marxistes, nos intellectuels acquièrent encore quelque compréhension du marxisme au contact des masses ouvrières et paysannes et dans leur travail pratique, nous parlerons tous le même langage, non seulement le langage du patriotisme et du socialisme, mais probablement aussi le langage de la conception communiste du monde, et notre travail à tous en sera sûrement beaucoup mieux fait. »

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