Extrait du Rapport présenté lors du rassemblement célébrant le 20e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée, le 7 septembre 1968
Camarades,
Si, sous le drapeau de la République, le peuple coréen a remporté ces vingt dernières années de grandes victoires dans la lutte pour la prospérité et le développement du pays, et pour la grandeur de la nation, c’est qu’il a suivi vigoureusement la seule voie du socialisme et qu’il s’est fermement appuyé sur la vitalité invincible du socialisme. Notre victoire démontre clairement la supériorité du régime socialiste sur le régime capitaliste.
Le régime socialiste est le régime social le plus avancé qui soit: les masses populaires détiennent le pouvoir, on développe sans cesse et de façon planifiée la production sur la base d’une science et d’une technique hautement développées dans le but d’accroître systématiquement le bien-être du peuple en s’appuyant sur la propriété sociale des moyens de production, et toutes les formes d’exploitation et d’oppression ayant été liquidées à jamais, chacun travaille selon sa capacité et est rétribué selon la qualité et la quantité de son travail.
A la différence de la société capitaliste dans laquelle le peuple est privé de tout droit et de toute liberté politiques, les masses populaires, sous le régime socialiste, sont effectivement assurées des droits et des libertés démocratiques au vrai sens des mots dans tous les domaines, tant politique qu’économique et culturel. Dans notre société, le peuple entier participe librement à la politique de l’Etat, exerce la souveraineté de l’Etat pour sa cause révolutionnaire, et chacun choisit sa profession selon sa capacité et son aptitude, travaille et apprend à volonté et mène une vie libre. Dans la société capitaliste, comme les moyens de production sont propriété privée et que la production vise à ce que les capitalistes et les propriétaires fonciers puissent en tirer le plus de profits possible, la masse des producteurs est forcée de travailler uniquement pour pouvoir survivre et n’a aucun intérêt au développement de la production et de la technique. Mais, dans la société socialiste, les moyens de production sont propriété sociale et les travailleurs œuvrent pour l’Etat, la société et pour eux-mêmes, ce qui permet de mettre à contribution la force créatrice et les talents inépuisables des masses populaires et de développer sans cesse et à un rythme rapide la production. Dans la société socialiste, tous les secteurs de l’économie nationale et toutes les entreprises sont organiquement liés les uns aux autres sur la base d’objectifs et d’intérêts communs. Par conséquent, l’anarchie dans la production et les crises de surproduction, que l’on constate dans la société capitaliste, n’existent pas sous le régime socialiste; l’économie nationale se développe de façon planifiée et équilibrée, toutes les ressources humaines et matérielles du pays et toutes ses potentialités productives peuvent être mobilisées et utilisées le plus efficacement possible. En outre, sous le régime socialiste, il n’existe pas d’exploiteurs ni d’exploités, le fruit du travail est entièrement consacré à l’amélioration du bien-être des travailleurs, et le niveau de vie du peuple s’élève systématiquement avec l’accroissement rapide de la production.
La voie du capitalisme mène à l’exploitation et à l’oppression, à l’asservissement et à la ruine, tandis que la voie du socialisme conduit à l’abolition de l’exploitation de classe et de l’oppression étrangère, à la liberté et au bonheur du peuple entier, à l’indépendance complète du pays et à sa prospérité.
Les deux réalités diamétralement opposées qu’on constate dans le Nord et le Sud de la Corée en fournissent une preuve éloquente. Dans la moitié nord de la République, le régime socialiste le plus progressiste, sans exploitation ni oppression, a été établi, de puissantes bases ont été jetées pour une économie nationale indépendante et le peuple jouit d’une liberté et d’un bonheur véritables, tandis que la Corée du Sud s’est transformée en colonie et en base militaire d’agression de l’impérialisme américain, que l’économie y a été complètement détruite et que la population, privée de toutes les libertés politiques et des droits démocratiques élémentaires, y gémit sous la terreur et la tyrannie et croupit dans une misère telle que l’on n’en a jamais vue depuis des millénaires.
L’expérience historique démontre que les peuples affranchis de l’asservissement colonial de l’impérialisme doivent nécessairement suivre la voie du socialisme. Les peuples ayant conquis l’indépendance devraient lutter énergiquement pour déjouer les manœuvres de sabotage de l’impérialisme étranger et des forces réactionnaires du pays, briser l’appareil de domination coloniale de l’impérialisme, priver ce dernier ainsi que les réactionnaires de l’intérieur de leur base économique et les balayer, consolider les forces révolutionnaires, établir un régime social progressiste, édifier une économie nationale indépendante et développer la culture nationale. C’est seulement ainsi qu’ils seront libérés de la succession des souffrances aiguës et des calamités que le capitalisme a traversées inévitablement, et qu’ils pourront suivre vigoureusement le court chemin conduisant à la liberté, au bonheur, à l’indépendance et à la prospérité nationales.
Le capitalisme a déjà fait son temps, et au fil des jours, il court vers sa ruine. Le socialisme et le communisme représentent l’avenir radieux de l’humanité, et c’est la loi immuable du développement historique que toutes les nations s’acheminent vers le socialisme et le communisme.
A l’avenir aussi, nous continuerons à avancer fermement, sans la moindre hésitation, sur le chemin du socialisme.
Notre peuple se trouve actuellement confronté à la tâche historique d’assurer la victoire complète du socialisme, en donnant une impulsion plus puissante encore à la révolution et au développement du pays sur la base des succès éclatants obtenus dans l’édification d’une société nouvelle.
Nous avons déjà implanté les solides bases du socialisme dans la moitié nord du pays. Mais il nous reste encore énormément de tâches à accomplir pour faire triompher complètement le socialisme. Même après l’établissement des bases du socialisme, l’Etat socialiste doit poursuivre jusqu’au bout la révolution dans tous les domaines, politique, économique et culturel.
Après la liquidation des classes exploiteuses et l’achèvement de la transformation socialiste des rapports de production, la lutte des classes se poursuit également tout au long de la période de transition du capitalisme au socialisme. Certes, une fois achevée la transformation socialiste à la ville et à la campagne, les classes exploiteuses se voient complètement liquidées en tant que classes et leurs bases socioéconomiques cessent également d’exister. Mais leurs survivants persistent toujours, et ils ne cessent de perpétrer des actes de subversion sans abandonner l’espoir chimérique de récupérer leurs anciennes positions. Donc, même après le triomphe du régime socialiste, les éléments hostiles persistent longtemps dans la société socialiste. Ils ne sont pas très importants en eux-mêmes, mais ils ne sont jamais à négliger, car ils deviennent les instruments et les laquais des impérialistes étrangers. Dans leur opposition aux Etats socialistes et dans leur agression contre eux, les impérialistes recourent, d’une part, à l’intervention armée directe, et d’autre part, complotent de miner de l’intérieur les pays socialistes en rassemblant et en excitant à cet effet les survivants des classes exploiteuses renversées et les réactionnaires qui subsistent dans ces pays.
Dans notre pays surtout, les impérialistes américains, meneurs de la réaction mondiale, se nichent en Corée du Sud et se livrent sans cesse à des actes de sabotage et de subversion aussi bien qu’à la pénétration idéologique dans le but de renverser le régime socialiste de la moitié nord de la République en excitant les classes réactionnaires de la moitié sud et les survivants des classes exploiteuses de la moitié nord.
En outre, même après l’instauration du régime socialiste, les survivances des idéologies périmées laissées par la société exploiteuse depuis des millénaires subsistent longtemps dans l’esprit des travailleurs. Le triomphe du régime socialiste entraîne la suppression de la base économique du retour des idéologies périmées et crée les conditions sociales et matérielles permettant d’imprégner les êtres humains d’une idéologie nouvelle. Néanmoins, étant donné que le développement de la conscience idéologique de l’homme retarde sur le changement des conditions matérielles de la société, les idées rétrogrades héritées de la société exploiteuse survivent longtemps dans l’esprit des travailleurs, même après le triomphe du régime socialiste. De plus, le poison de l’idéologie bourgeoise s’infiltre constamment de l’extérieur dans la société socialiste par suite de la pénétration idéologique et culturelle impérialiste.
Par ailleurs, les disparités entre la ville et la campagne et les différences de classe entre les ouvriers et les paysans persistent longtemps, même après l’établissement du règne sans partage des rapports de production socialistes dans la société entière. Le retard de la campagne sur la ville s’exprime avant tout dans le fait que l’agriculture a une base matérielle et technique plus faible que l’industrie, que la population rurale a un niveau culturel plus bas que la population urbaine, et que les paysans sont en retard sur les ouvriers en ce qui concerne la conscience idéologique. Ce retard est un héritage de l’ancienne société. C’est précisément à cause de lui que l’économie coopérative reste la forme dominante dans l’économie rurale, à la différence de l’industrie où prédomine la propriété du peuple entier et que, par conséquent, les disparités de classe subsistent entre les ouvriers et les paysans.
Nous avons également beaucoup à faire dans le domaine du développement des forces productives. Nous avons déjà instauré un régime avancé, socialiste, ouvrant ainsi une large voie au développement des forces productives et à l’élévation du niveau de vie de la population. Pourtant, nous n’avons créé que les bases de l’industrialisation et n’avons fait qu’un premier pas dans la révolution technique, et nous sommes encore bien loin d’atteindre le niveau élevé de développement des forces productives correspondant à la société socialiste et communiste. Dans le domaine du niveau de vie de la population, nous avons trouvé la solution au plus essentiel de la vie matérielle et culturelle de notre peuple en éliminant la source sociale de l’exploitation et de la misère et en développant rapidement la production, mais nous ne sommes pas encore arrivés à lui assurer une vie bien riche et hautement civilisée.
Dans une société où les classes hostiles agissent, où des idées périmées poursuivent leur action corrosive, où persistent les disparités entre la ville et la campagne et celles de classe entre les ouvriers et les paysans, où l’industrialisation du pays n’est pas complètement réalisée et où les bases matérielles et techniques du socialisme ne sont pas solidement implantées, on ne peut pas encore dire que le socialisme a atteint la victoire complète.
Pour assurer la victoire complète du socialisme et achever l’œuvre historique de la classe ouvrière, l’Etat socialiste doit encore renforcer son rôle d’arme de la lutte des classes et d’arme de l’édification du socialisme et du communisme. En d’autres termes, en renforçant la dictature du prolétariat, l’Etat socialiste doit continuer, d’une part, la lutte des classes et, d’autre part, donner une puissante impulsion à son édification économique.
Ce n’est qu’en poursuivant correctement à la fois la dictature sur les éléments hostiles, la révolution idéologique et l’œuvre économique, que l’Etat socialiste peut assurer la victoire complète du socialisme et occuper les deux forteresses obligatoires se tenant sur le chemin du communisme: la forteresse idéologique et la forteresse matérielle. Si l’on néglige ou abandonne une seule de ces tâches, on verra se dresser un grand obstacle à l’édification du socialisme dans tout son processus et cela lui portera de graves et irrémédiables préjudices.
Si l’Etat socialiste néglige, tant soit peu, la dictature du prolétariat et la révolution idéologique, et affaiblit la lutte des classes, non seulement il ne pourra consolider et développer le régime socialiste victorieux, mais il ne pourra non plus le préserver des atteintes des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. La supériorité essentielle du socialisme et sa grande vitalité résident avant tout dans le fait que les travailleurs libérés de l’exploitation et de l’oppression s’unissent fermement, coopèrent étroitement en toute camaraderie et travaillent en faisant preuve d’initiative créatrice et d’ardeur consciente pour la réalisation des objectifs et des intérêts communs. L’expérience montre que si on ne renforce pas la lutte des classes et si on n’élève pas ainsi la conscience de classe des travailleurs et leur niveau de conscience idéologique, il n’est pas possible de faire valoir cette supériorité du socialisme, ni d’accomplir avec succès les tâches de la construction économique et de la révolution technique, les travailleurs se laissant gagner par l’oisiveté et l’apathie.
D’autre part, il est faux, par contre, de ne mettre l’accent que sur la lutte des classes et la révolution idéologique en négligeant l’édification économique du socialisme. La révolution idéologique est une tâche révolutionnaire importante que l’Etat socialiste ne doit pas manquer d’accomplir. L’importance de la révolution idéologique consiste à extirper les idées dépassées qui subsistent dans l’esprit des travailleurs et à exalter leur ardeur consciente et leur initiative créatrice pour édifier avec succès le socialisme et le communisme. Les communistes luttent non seulement pour la libération du peuple, mais aussi pour lui assurer une vie heureuse. En effet, une tâche importante incombant aux communistes, après le renversement de l’ancien régime et la libération du peuple de l’exploitation et de l’oppression, est de mener à bien l’édification économique du socialisme. Veiller à l’amélioration du bien-être du peuple, c’est le principe suprême des activités du parti et de l’Etat de la classe ouvrière. Le but même de notre œuvre d’édification du socialisme et du communisme consiste, finalement, à satisfaire pleinement les besoins matériels et culturels du peuple entier et à lui assurer une vie aisée et hautement civilisée. Ce n’est qu’en menant à bien l’édification économique qu’il est possible d’obtenir le haut niveau de développement des forces productives correspondant à la société socialiste et communiste, d’enrichir et de fortifier le pays, et d’améliorer de façon notable le niveau de vie du peuple. De même, c’est seulement en consolidant les bases matérielles et techniques du socialisme, grâce à l’accélération énergique de la construction économique, qu’on peut garantir fermement l’indépendance politique et la souveraineté du pays et de renforcer sa capacité de défense.
Si on ne met l’accent que sur la révolution idéologique et si on néglige la révolution technique, on ne pourra s’acquitter de la tâche révolutionnaire de délivrer les travailleurs des travaux fatigants ni accomplir avec succès la révolution idéologique elle-même. La conscience idéologique des êtres humains est déterminée par les conditions matérielles de la vie sociale, et par conséquent, dans la société socialiste aussi, elle se transforme en fonction du progrès technique et de l’élévation du niveau de vie de la population.
En parant tous les déviationnismes de droite et de «gauche» pouvant se manifester dans ce domaine, nous devons intensifier sans cesse la dictature du prolétariat et la lutte des classes et mener à bien du même coup l’édification économique; nous devons donner une priorité absolue à la révolution idéologique et, parallèlement, promouvoir avec énergie la révolution technique. C’est ainsi seulement que nous pourrons remodeler l’idéologie des hommes et jeter solidement les bases matérielles et techniques du socialisme en vue de faire triompher complètement celui-ci.
Nous devons, avant tout, renforcer la dictature sur les ennemis de classe, transformer tous les membres de la société en révolutionnaires et sur le modèle de la classe ouvrière en accomplissant parfaitement la révolution idéologique.
La mission historique de la dictature du prolétariat consiste, d’une part, à liquider les classes exploiteuses et à écraser leur résistance et, d’autre part, à éduquer et à rééduquer tous les travailleurs pour les transformer en révolutionnaires et les modeler selon la classe ouvrière, à mettre fin progressivement à toutes les disparités existant entre les classes et à édifier le communisme. En combinant correctement la ligne adoptée par le Parti à l’égard des différentes classes avec sa ligne suivie à l’égard des masses, nous devons isoler et écraser une poignée d’éléments hostiles et, en même temps, éduquer et transformer les masses afin de les rallier encore plus étroitement autour du Parti.
Comme chacun le sait, la dictature du prolétariat vise à écraser les éléments hostiles qui forment la minorité et à pratiquer la démocratie à l’égard du peuple travailleur, à commencer par la classe ouvrière et la paysannerie constituant la majorité écrasante de la population. Lier judicieusement ces deux côtés de la dictature du prolétariat signifie relier correctement le travail consistant à unir les masses populaires – la majorité écrasante de la population –, grâce à leur éducation et à leur transformation, avec la lutte des classes menée contre les complots d’un nombre infime d’éléments hostiles. On commettra des erreurs de «gauche», si on ne met l’accent que sur la lutte des classes et attribue à celle-ci trop d’importance en oubliant le fait que la solidarité et la coopération entre la classe ouvrière, la paysannerie et les travailleurs intellectuels sont le tissu des rapports sociaux dans la société socialiste. Dans ce cas-là, on ne pourra faire confiance aux hommes, on risquera de traiter les gens innocents comme des éléments hostiles et d’écarter les masses du Parti, créant ainsi une atmosphère d’inquiétude dans la société.
Par contre, on commettra de graves erreurs de droite, si l’on pratique la prétendue «démocratie» à l’égard de tout le monde et si l’on accorde la prétendue «liberté» à tous en refusant de voir le fait que dans la société socialiste également, existent des éléments hostiles et des survivances d’idéologies périmées et que la lutte des classes y persiste. La démocratie, notion politique, revêt nécessairement un caractère de classe. La dictature en tout genre des exploiteurs est une dictature exercée sur les masses laborieuses exploitées, et la démocratie qu’ils prêchent est une démocratie faite uniquement pour les exploiteurs qui forment la minorité, tandis que la dictature du prolétariat est une dictature exercée sur les classes exploiteuses et une démocratie pour les masses populaires. De même qu’il n’a pas existé d’Etat séparé des classes dans l’histoire humaine, de même il n’y a pas eu et il ne peut y avoir de démocratie qui n’ait un caractère de classe. Dans tout Etat, la démocratie est une démocratie pour les classes au pouvoir et elle est liée à la dictature sur les classes hostiles. Dans la mesure où les survivants des classes exploiteuses renversées agissent et où persiste la lutte des classes, il ne peut y avoir de «démocratie pure», ni de «liberté complète» pour tout le monde. La démocratie bourgeoise accorde aux milliardaires la liberté de s’enrichir en exploitant et en dépouillant à leur gré les travailleurs et de les opprimer, mais elle n’accorde aux masses laborieuses que la liberté d’être déguenillées et de mourir de faim. Nier le caractère de classe de la démocratie dans la société socialiste et préconiser les prétendues «démocratie pure» et «liberté complète» acceptables pour tout le monde sous la dictature du prolétariat, équivaut en fait à imposer au peuple une démocratie bourgeoise et une liberté d’esclave. Nous nous opposons à l’interprétation abstraite de la démocratie, considérée comme étant au-dessus des classes.
A l’heure actuelle, les impérialistes occidentaux et les renégats de la révolution acclament la campagne menée dans certains pays socialistes en faveur du prétendu «développement démocratique» et de la prétendue «libéralisation», en la qualifiant de «processus logique» de l’évolution de la société socialiste, de «nouveau vent soufflant en Europe orientale et donnant de l’espérance au monde occidental» ou de «processus d’une refonte profonde en faveur d’une plus grande démocratie». Ce n’est là, en dernière analyse, qu’une manœuvre stupide des impérialistes et des renégats de la révolution visant à ronger les acquis socialistes et à ouvrir la voie à la restauration du capitalisme dans les pays socialistes. Nous devons redoubler de vigilance vis-à-vis des complots des impérialistes qui visent à miner de l’intérieur les pays socialistes.
Si les peuples des pays socialistes désirent vraiment jouir de la liberté et de la démocratie, ils doivent renforcer la dictature du prolétariat. Le contenu de la démocratie prolétarienne consiste à liquider à tout jamais les classes exploiteuses, à garantir parfaitement la liberté et les droits politiques authentiques au peuple travailleur, à la classe ouvrière en premier lieu, à lui assurer une vie matérielle et culturelle heureuse, et à renforcer par tous les moyens parmi le peuple travailleur la coopération et l’entraide en toute camaraderie. Il ne peut absolument y avoir de démocratie qui soit meilleure que la démocratie prolétarienne. Si jamais elle existait, il ne s’agirait plus d’une démocratie. Il est faux de croire que la dictature prolétarienne n’est plus nécessaire avant même que les disparités de classe ne soient éliminées entre les ouvriers et les paysans et que les survivances idéologiques de l’ancienne société ne soient liquidées et, surtout, alors que les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur continuent à intensifier leurs actes d’agression et de subversion contre le socialisme. Si l’on élude la lutte intransigeante de classes en brouillant la ligne de démarcation de classe entre la démocratie bourgeoise et la démocratie prolétarienne, et en niant le caractère de classe de la démocratie, la vigilance à l’égard des éléments hostiles s’émoussera et le rôle dirigeant du Parti et de la classe ouvrière sera paralysé, tandis que l’action corrosive de la bourgeoisie s’intensifiera dans la vie sociale.
En dernière analyse, la déviation de «gauche» et celle de droite empêchent, l’une et l’autre, de distinguer nettement les nôtres des ennemis et portent de grands préjudices à l’édification du socialisme et du communisme. Lier correctement dans les activités de l’Etat la dictature et la démocratie, la lutte des classes et le travail visant à renforcer l’unité et la cohésion des masses populaires, en s’opposant à toutes les déviations de droite et de «gauche», voilà la ligne de conduite à laquelle notre Parti s’en tient invariablement.
A l’avenir aussi, nous devrons renforcer sans cesse les fonctions de dictature prolétarienne du pouvoir de la République pour déjouer avec succès tous les complots que trament les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur contre notre régime socialiste. Nous devrons appliquer des sanctions sévères aux survivants des classes renversées des propriétaires fonciers et des capitalistes qui ne renoncent pas encore au rêve de restaurer leurs anciennes positions, nous devrons également mettre complètement en pièces, en leur infligeant à temps une riposte résolue, les tentatives contre-révolutionnaires des impérialistes qui veulent, avec la complicité des éléments hostiles de l’intérieur, attaquer notre régime social. Nous devrons ainsi défendre solidement les acquis de notre révolution et garantir fermement la victoire complète du socialisme dans notre pays.
Tout en écrasant les éléments hostiles, nous devons transformer tous les membres de la société en révolutionnaires et sur le modèle de la classe ouvrière, grâce au renforcement du rôle dirigeant de la classe ouvrière à l’égard de toutes les couches de la société et grâce à l’accomplissement parfait de la révolution idéologique.
La répression des éléments hostiles est une fonction essentielle de l’Etat de dictature prolétarienne et une forme de la lutte des classes que l’Etat socialiste doit mener jusqu’au bout, mais elle ne représente pas à elle seule l’ensemble des fonctions de la dictature du prolétariat et ne représente pas non plus toutes les formes de la lutte des classes. Dans la société socialiste, outre la lutte des classes menée pour réprimer les éléments hostiles, il y a la forme essentielle de la lutte des classes qui consiste principalement en la révolution idéologique visant à extirper les idées rétrogrades qui subsistent chez les travailleurs et à les imprégner tous de l’idéologie communiste. La lutte des classes se poursuit même après la victoire du régime socialiste, mais elle doit alors changer un peu de contenu et de forme.
Certes, dans la société socialiste, la lutte contre les idéologies périmées survivant dans l’esprit des travailleurs est une lutte des classes en ce sens qu’elle représente celle entre l’idéologie de la classe ouvrière et l’idéologie de la bourgeoisie, mais elle se distingue complètement des luttes de classes du passé. La lutte des classes, au cours de la révolution socialiste, était principalement une lutte visant à liquider complètement les exploiteurs en tant que classe, tandis que la lutte des classes qui se déroule après l’établissement du régime socialiste est principalement une lutte idéologique visant à refondre l’idéologie des êtres humains, et non à liquider certains d’entre eux. En tant que question posée au sein même de la masse des travailleurs qui marchent la main dans la main pour réaliser l’idéal commun, la révolution idéologique dans la société socialiste a pour but d’éduquer et de rééduquer tous les travailleurs et de les transformer en communistes. La révolution idéologique doit être toujours menée par les méthodes de persuasion et d’éducation, et non par des méthodes violentes comme dans la lutte contre les éléments hostiles, et elle doit contribuer au renforcement de l’unité et de la cohésion des travailleurs.
Les cibles principales de la révolution idéologique dans la société socialiste sont les survivances des idées périmées, féodales, bourgeoises et petites-bourgeoises, qui subsistent chez les travailleurs, et le poison de l’idéologie capitaliste réactionnaire venant de l’extérieur. En intensifiant la révolution idéologique, l’Etat socialiste doit complètement extirper les survivances des idées périmées qui subsistent chez les travailleurs et barrer complètement la route à la pénétration, venant de l’extérieur, du poison des idées bourgeoises. En particulier, chez nous, étant donné que le territoire est divisé et que nous nous trouvons directement face aux impérialistes américains, meneurs de la réaction mondiale, la lutte contre les manœuvres de sabotage et de subversion de l’ennemi et contre la pénétration de son idéologie s’avère d’autant plus importante et nous devons toujours y prendre sérieusement garde. Tout en élevant sans cesse le rôle dirigeant de la classe ouvrière, nous devons mener inlassablement parmi les travailleurs l’éducation en matière de politique du Parti, la formation aux traditions révolutionnaires, l’éducation communiste axée sur l’éducation de classe et la formation au patriotisme socialiste afin de les transformer en révolutionnaires et sur le modèle de la classe ouvrière.
Résoudre définitivement la question rurale et porter la propriété coopérative jusqu’au niveau de la propriété du peuple entier est une des tâches majeures qui incombent à l’Etat de dictature prolétarienne après le triomphe du régime socialiste et une des conditions fondamentales de la victoire complète du socialisme. C’est seulement lorsque l’Etat socialiste rattrapera complètement le retard de la campagne en résolvant définitivement la question rurale qu’il pourra détruire entièrement les bases et le point d’appui potentiels de l’influence du poison bourgeois réactionnaire venant de l’extérieur et des agissements des survivants des classes exploiteuses renversées.
D’autre part, c’est seulement lorsqu’on haussera le niveau de la propriété coopérative à celui de la propriété du peuple entier qu’on pourra développer à un degré élevé les forces productives de l’agriculture, extirper les traces d’égoïsme qui subsistent chez les paysans et conduire avec sûreté tous les travailleurs dans la voie du collectivisme qui les amène à travailler avec un enthousiasme et une conscience très élevés pour la société et le peuple entiers. En généralisant les réalisations et les expériences qu’il a accumulées dans le travail en milieu rural, notre Parti a déjà avancé les principes fondamentaux et les moyens concrets visant à résoudre la question rurale dans la société socialiste. Suivant l’orientation nettement tracée par le Parti, nous devons résorber le retard technique de l’agriculture sur l’industrie moderne, le retard culturel de la campagne sur la ville en avance et le retard idéologique de la paysannerie sur la classe ouvrière, classe la plus révolutionnaire, en donnant une puissante impulsion aux révolutions technique, culturelle et idéologique à la campagne; nous devons renforcer sans cesse la direction et l’aide du Parti et de l’Etat de la classe ouvrière à l’égard de la campagne et rapprocher constamment la propriété coopérative de la propriété du peuple entier en liant organiquement le développement de ces deux formes de propriété.
Pour assurer la victoire complète du socialisme, il faut promouvoir vigoureusement la construction économique du socialisme de même qu’il faut éliminer toutes les disparités entre classes et porter la propriété coopérative au niveau de la propriété du peuple entier. Dans le domaine de la construction économique du socialisme, nous sommes confrontés à la tâche de réaliser complètement l’industrialisation du pays, la révolution technique et la révolution culturelle afin de consolider les bases matérielles et techniques du socialisme et de faire en sorte que tous les travailleurs possèdent les connaissances et les qualifications nécessaires à un maniement habile des machines modernes.
Nous devons continuer à développer rapidement l’industrie et doter de techniques modernes tous les secteurs de l’économie nationale, y compris l’agriculture, édifier ainsi une industrie moderne et une agriculture développée dans notre pays, et faire de tous les hommes des bâtisseurs du communisme, bâtisseurs compétents et universellement développés. Au demeurant, il faut affranchir des travaux fatigants notre peuple libéré de l’exploitation, éliminer graduellement les différences entre le travail industriel et le travail agricole, entre le travail dur et le travail facile, entre le travail manuel et le travail intellectuel afin de pouvoir produire davantage de biens matériels tout en travaillant aisément. Grâce au développement rapide de la production industrielle et agricole, nous devons porter le niveau de vie matérielle et culturelle de tous les travailleurs à un niveau plus élevé que celui des couches sociales moyennes du passé. Tout cela doit permettre que le peuple entier soit plus conscient de la supériorité véritable du régime socialiste à travers ses expériences pratiques et qu’il lutte avec abnégation, et avec une ferme confiance en la victoire complète du socialisme, pour consolider et développer le régime socialiste. C’est alors seulement qu’on pourra dire que le socialisme a remporté la victoire complète.
Les tâches importantes qui nous incombent dans l’immédiat en vue d’assurer la victoire complète du socialisme consistent à appliquer parfaitement la ligne définie pour faire avancer parallèlement la construction économique et celle de la défense nationale, et en même temps, à poursuivre énergiquement la transformation de tous les membres de la société en révolutionnaires et sur le modèle de la classe ouvrière, en donnant la priorité absolue à la révolution idéologique, tout cela suivant l’orientation donnée aux termes des décisions de la conférence du Parti et du Programme politique en dix points du gouvernement de la République.
Pour appliquer les décisions de la conférence du Parti, il est primordial de dépasser au plus tôt le plan d’économie nationale de cette année et de parfaire les préparatifs de production pour atteindre, l’année prochaine, les objectifs principaux du plan septennal, qui est d’une portée décisive pour l’édification du socialisme dans notre pays.
Nous devons nous préoccuper avant tout d’assurer nettement le développement prioritaire de l’industrie électrique et de l’industrie extractive, conditions préalables à la normalisation de la production dans tous les domaines de l’économie nationale.
Dans le secteur de l’industrie électrique, il faut accroître au maximum la capacité des équipements et des installations des centrales électriques existantes en les remettant parfaitement en état et renforcer encore la base énergétique en poursuivant activement la construction de grandes centrales électriques. En particulier, il faut éliminer la fluctuation de la production d’énergie électrique en gérant et exploitant mieux encore les centrales thermiques existantes et en accélérant la construction de nouvelles centrales. Ainsi, il faut satisfaire encore plus amplement les besoins de l’industrie, des transports et de tous les autres secteurs de l’économie nationale en énergie électrique et achever complètement l’électrification des campagnes avant la fin de 1970.
Dans le secteur de l’industrie houillère, il ne faut pas se contenter d’atteindre cette année l’objectif du plan septennal, mais il faut continuer de lutter énergiquement pour augmenter encore la production de houille. Il faut préparer suffisamment de chantiers d’extraction, en mettant au premier plan de façon décisive la prospection géologique et le fonçage, réaliser activement la mécanisation et l’automatisation des travaux en déployant énergiquement le mouvement d’innovation technique et introduire largement des méthodes d’extraction avancées, y compris l’extraction à ciel ouvert, continuant ainsi à innover dans la production houillère afin de pourvoir pleinement à la croissance rapide des besoins en houille de l’économie nationale.
Il faut hâter la mise en exploitation des mines de métaux non ferreux très prometteuses tout en agrandissant les mines existantes, achever rapidement les chantiers de concentration en construction et fournir abondamment tout l’équipement minier nécessaire pour augmenter encore la production de minerais.
La normalisation de la production dans l’industrie sidérurgique, qui fournit du fer et de l’acier à tous les domaines de l’économie nationale, y compris l’industrie mécanique et les travaux de construction de base, est d’une immense importance pour le développement de l’économie nationale dans son ensemble. Dans ce secteur, il faut poursuivre plus énergiquement encore la recherche scientifique en vue de consolider l’indépendance de notre sidérurgie et poursuivre avec énergie le travail de création d’un centre de production du fer avec l’anthracite de notre pays tout en assurant pleinement la production de la fonte, de l’acier et des laminés d’acier.
Pour mener à bien les futurs grands travaux de transformation de la nature, il faut encore développer l’industrie mécanique, surtout la production des machines de grandes dimensions. Nous devons élargir et renforcer les bases de production des grands équipements destinés à fabriquer de grands excavateurs, des poids lourds, de grands tracteurs, des bateaux de gros tonnage et des machines-outils de grandes dimensions.
Pour pouvoir assurer correctement les vastes travaux de construction à entreprendre l’année prochaine, il faut faire des efforts particuliers pour développer considérablement l’industrie des matériaux de construction, notamment la production du ciment.
Dans notre pays, le problème des transports, surtout celui du transport ferroviaire, s’avère très pressant et sa solution est l’une des conditions essentielles d’une large production l’année prochaine. Afin de faire face à cette urgence dans le trafic ferroviaire, il faut poursuivre énergiquement l’électrification des chemins de fer, accroître la capacité de production et de réparation du matériel roulant et élever au maximum son taux d’utilisation en posant davantage de voies de garage et en mécanisant le chargement et le déchargement.
Dans le secteur de l’économie rurale, il faut terminer rapidement la moisson qui vient et mettre tout en œuvre afin d’augmenter l’année prochaine la production céréalière et de développer l’élevage. Pour consolider les assises matérielles et techniques de l’économie rurale, il convient de continuer à y élever le taux de mécanisation et de généralisation des procédés chimiques, et pousser énergiquement la préparation des futurs grands travaux d’aménagement du territoire national.
De cette façon, il faudra réaliser à coup sûr le plan de l’année prochaine et par la même voie atteindre tous les objectifs majeurs du plan septennal, grandiose programme de l’édification du socialisme. La réalisation du plan septennal constituera un événement faisant date: elle marquera un grand progrès dans la lutte pour la consolidation et le développement du régime socialiste de la République et pour la victoire complète du socialisme. Quand ce plan sera réalisé, nous aurons une industrie ayant un système indépendant fermement établi, dotée d’une organisation plus perfectionnée et de solides bases de matières premières, équipée selon des techniques nouvelles; elle produira en plus grandes quantités les divers moyens de production et biens de consommation de bonne qualité nécessaires au développement de l’économie nationale et à l’amélioration du niveau de vie de la population. Les bases matérielles et techniques de l’économie rurale seront consolidées et les récentes réalisations de la science agricole seront largement introduites, et par conséquent, tous les secteurs de la production agricole, dont la production céréalière, se développeront rapidement, et les paysans verront leurs travaux pénibles considérablement allégés. Nos villes et villages seront encore embellis et notre peuple jouira d’une vie plus aisée et d’un niveau culturel plus élevé. Et, d’Etat industriel et agricole, notre pays deviendra un Etat industriel socialiste développé.
Tous les travailleurs doivent accélérer encore l’exécution du plan septennal en travaillant d’une façon plus révolutionnaire, sans jamais relâcher leur enthousiasme révolutionnaire et en hâtant la production et la construction grâce à l’utilisation maximale des bases économiques déjà implantées et de toutes les potentialités productives.
Camarades,
Pour assurer la victoire finale du socialisme, il faut renforcer l’alliance de classe des pays socialistes, ainsi que l’unité et la cohésion du camp socialiste, et rendre sa puissance invincible.
Aucun des pays où le prolétariat a pris le pouvoir au milieu de l’encerclement du capitalisme international, ne peut éviter le danger de l’agression impérialiste et de la restauration du capitalisme tant que le communisme n’est pas réalisé à l’échelle mondiale. Par conséquent, pour accéder à la victoire finale de la révolution, le prolétariat de chaque pays au pouvoir est tenu, tout en consolidant par tous les moyens ses forces révolutionnaires autonomes, de bénéficier de l’appui actif des autres troupes de la révolution socialiste mondiale et de renforcer la solidarité internationaliste authentique avec la classe ouvrière et les peuples opprimés du monde entier.
Là-dessus, la formation du camp socialiste, son extension et son développement sont d’une grande importance. La mission historique de la classe ouvrière est de liquider tout régime d’exploitation à l’échelle mondiale et d’édifier le socialisme et le communisme, idéal suprême de l’humanité. La victoire finale de la révolution mondiale passe par l’éclatement et le triomphe complet de la révolution socialiste dans différents pays et par l’élargissement, le renforcement et le développement progressifs du camp socialiste. Ce dernier est la base révolutionnaire indestructible de la classe ouvrière internationale pour la victoire finale du socialisme et du communisme, le sûr rempart de la victoire des peuples opprimés et de tous les autres peuples progressistes du monde entier ainsi que la puissante forteresse de la paix mondiale.
C’est la raison pour laquelle les impérialistes ayant pour chef de file les impérialistes américains ainsi que tous les autres réactionnaires craignent avant tout l’existence même du camp socialiste et s’agitent au delà de tout bon sens pour le démanteler. Ils manœuvrent pour vaincre un à un, par la force des armes, les pays qui, portant haut le drapeau de la lutte anti-impérialiste et antiaméricaine, avancent dans la voie révolutionnaire, et pour miner de l’intérieur, en intensifiant leur pénétration idéologique et culturelle, les pays qui, loin de chercher à faire la révolution, répandent parmi le peuple des idées fallacieuses sur l’impérialisme et préconisent le compromis, dénué de principes, avec l’impérialisme.
Dans ces conditions, les pays socialistes doivent briser, par l’union de leurs forces, les complots d’agression et de sabotage des forces alliées de l’impérialisme mondial et défendre en commun le camp socialiste. A cet effet, celui-ci doit être monolithiquement uni.
L’unité et la cohésion du camp socialiste sont essentielles pour garantir la sûreté de la défense de chaque Etat socialiste contre l’agression impérialiste et la victoire définitive de la révolution socialiste dans le cadre général du camp socialiste.
L’existence du camp socialiste et ses forces unies constituent des facteurs importants décidant du destin des peuples des pays socialistes aussi bien que de celui de toute l’humanité, et à l’heure actuelle, la solution de tous les problèmes de la révolution mondiale dépend justement dans une vaste mesure des efforts unis des pays socialistes.
C’est seulement en préservant l’unité inébranlable du camp socialiste et en consolidant sans cesse sa puissance que nous pourrons accélérer avec succès la victoire de la cause du socialisme et du communisme, soutenir et encourager énergiquement la lutte anti-impérialiste de libération nationale des peuples des pays colonisés et dépendants et des peuples des pays nouvellement indépendants ainsi que la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière des pays capitalistes.
L’union est la plus puissante arme de la classe ouvrière. Dès le jour de son apparition sur l’arène de l’histoire, la classe ouvrière a toujours considéré l’union comme la plus précieuse arme dans sa lutte contre le capital international, et grâce à la force de son union, elle a triomphé dans cette âpre lutte. Aujourd’hui même le mouvement révolutionnaire mondial visant à rompre les chaînes du capitalisme coalisé sur le plan international ne peut triompher que grâce à la force unie du mouvement communiste international basé sur le principe de l’internationalisme prolétarien, et sa victoire peut être fermement garantie par-dessus tout, par le renforcement de l’unité du camp socialiste sur lequel est centré ce mouvement.
Les pays socialistes possèdent tous les atouts pour réaliser leur union. Dans ces pays, le pouvoir est détenu par la classe ouvrière et la propriété sociale des moyens de production est solidement établie, liquidant l’exploitation et l’oppression de l’homme par l’homme, et le marxisme-léninisme représente l’idéologie directrice de la révolution et du développement du pays. Les pays socialistes luttent tous contre l’impérialisme et le colonialisme et pour atteindre leur but commun: édifier la société socialiste et communiste, libre et heureuse. Le camp socialiste n’est pas né de moyens artificiels ni d’un traité international, et il n’est pas non plus une alliance temporaire. Il s’est formé lorsque la classe ouvrière internationale, triomphante dans sa lutte révolutionnaire contre le capital international, s’est unie dans une alliance permanente selon l’exigence inévitable de sa solidarité de classe.
Si tous les pays socialistes se tiennent fermement à la position de classe et agissent en faveur des intérêts fondamentaux de la révolution, leur unité et leur cohésion ne cesseront de se renforcer.
Des divergences peuvent surgir entre les partis frères, entre les pays frères. Elles peuvent surgir, car les conditions historiques et géographiques des activités des partis frères et des pays frères et leurs tâches nationales sont respectivement différentes. Elles peuvent aussi surgir du fait que l’on n’a pas une compréhension exacte des principes du marxisme-léninisme et une ferme position révolutionnaire. Ces divergences ne sont pas le reflet de contradictions entre des régimes étatiques et sociaux différents ni celui d’intérêts fondamentalement différents de classes antagonistes. Les divergences entre les pays socialistes, aussi graves soient-elles, sont des problèmes surgis au sein du camp socialiste et du mouvement communiste international, des problèmes que l’on doit toujours résoudre par une lutte idéologique en partant d’un désir d’union entre frères de classe. Il ne faudrait absolument pas que, du fait de leurs divergences idéologiques, des partis frères et des pays frères, compagnons d’armes de classe qui devraient partager la vie et la mort, la joie et la souffrance dans la lutte pour la cause commune du socialisme et du communisme, aient de l’antipathie, de la jalousie et de l’hostilité les uns envers les autres. Les communistes doivent toujours savoir distinguer les frères de classe des ennemis de classe, et ils ne doivent en aucun cas se départir de leur position de classe. En dehors du principe de la solidarité de classe, le mouvement communiste international ne pourrait exister et le camp socialiste serait inconcevable. Si les pays frères montrent de l’antipathie, de la jalousie et de l’hostilité les uns envers les autres, seuls les impérialistes s’en réjouiront et c’est le mouvement communiste international qui en subira les conséquences.
Les communistes ne peuvent pas rester les bras croisés devant ce grave état de choses touchant à l’existence du camp socialiste et au destin de la révolution mondiale. La division doit être enrayée et l’unité sauvegardée et renforcée.
Si les partis frères et les pays frères veulent sincèrement s’unir, ils doivent observer strictement les normes régissant les relations entre les partis frères et entre les pays frères dont le contenu essentiel est l’égalité complète, l’indépendance, le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires intérieures et la coopération en toute camaraderie. Lorsque les partis frères et les pays socialistes observeront strictement ces normes régissant les relations mutuelles, l’unité du camp socialiste et la cohésion du mouvement communiste international seront véritablement et librement consenties et solides. Si ces normes sont violées, des problèmes complexes surgiront dans les rapports entre les partis frères et entre les pays frères, et la cohésion du camp socialiste aura à en souffrir.
Les pays socialistes et les partis communistes et ouvriers sont entièrement égaux et indépendants. Par la solidarité de la classe ouvrière, en tant que troupes nationales égales et indépendantes dans les rangs des révolutionnaires internationaux, ils sont tous responsables non seulement de la révolution de leur pays devant leur peuple, mais aussi de la révolution mondiale devant les peuples du monde entier. Personne ne peut prétendre à une position privilégiée au sein des rangs du mouvement communiste, et il ne peut exister de rapports de supérieur à inférieur entre les pays socialistes. Pour renforcer la solidarité de classe entre les pays socialistes, tous les pays frères doivent se respecter les uns les autres et s’entraider sincèrement sur un pied d’égalité.
En même temps, il ne faudrait pas suivre aveuglément d’autres partis et d’autres pays en perdant son autonomie sous l’effet de la pression extérieure. Les suivre aveuglément en renonçant à sa propre indépendance, ce n’est pas renforcer la cohésion du camp socialiste ni être fidèle à l’internationalisme prolétarien. Au contraire, cela portera gravement préjudice à la révolution et au développement de son pays, et par conséquent, il en résultera que les forces révolutionnaires internationales elles aussi s’affaibliront. C’est seulement lorsque les partis communistes et ouvriers et les pays socialistes se tiennent aux principes de l’autonomie et de l’indépendance dans leurs activités qu’ils peuvent établir une politique juste, conforme aux particularités de leur pays et accélérer avec succès l’œuvre révolutionnaire et le travail d’édification. Dans leur direction de la révolution et du développement du pays, les communistes ne doivent jamais s’écarter de la vérité universelle du marxisme-léninisme ni suivre dogmatiquement les expériences des pays frères en méprisant les particularités nationales.
Parallèlement au renforcement de l’indépendance politique, les pays socialistes doivent avoir confiance en eux-mêmes et s’efforcer de développer leur économie par le travail de leur peuple et en utilisant leurs ressources intérieures. Ce n’est qu’en édifiant une économie nationale indépendante que chaque pays pourra non seulement accélérer l’édification du socialisme, mais encore renforcer la puissance de l’ensemble du camp socialiste. L’économie d’un pays socialiste, étant une unité indépendante du système économique socialiste mondial, se développe sans cesse en étroite liaison et coopération avec celle des autres. Le système économique socialiste aura, dans son ensemble, une puissance encore accrue lorsque chacune des unités qui le constituent se renforcera. Si l’économie nationale de chaque pays socialiste ne se développe pas de façon cohérente et, par là, perd son indépendance et n’accomplit pas ses fonctions autonomes, cela affaiblira chaque chaînon de l’ensemble du camp socialiste, et enfin, il en résultera que le système économique socialiste mondial, formant un tout, s’affaiblira. L’important est que tous les pays socialistes développent sainement leur économie et lui fassent jouer suffisamment son rôle en toute indépendance et que, sur cette base, ils renforcent la coopération économique entre eux, selon les principes de l’internationalisme prolétarien, de l’égalité et de l’avantage réciproque, de sorte que le système économique socialiste mondial dans son ensemble fonctionne correctement et fasse suffisamment preuve de sa puissance. Ainsi seulement sera-t-il possible d’assurer l’unité des intérêts nationaux et des intérêts internationaux dans l’édification du socialisme de chaque pays. C’est dans ces conditions seulement que les pays socialistes pourront également déjouer avec succès la politique d’agression et de blocus économiques des puissances impérialistes, voire approfondir davantage la crise générale subie par le système économique capitaliste mondial.
L’indépendance que nous soutenons ne contredit pas du tout l’internationalisme prolétarien; au contraire, il a pour but de le renforcer davantage. Il doit viser à renforcer l’internationalisme prolétarien, et jamais à l’affaiblir. L’internationalisme ne peut exister sans l’indépendance, et vice versa. Si quelqu’un trahit le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien et s’engage dans la voie de l’égoïsme national sous prétexte de se tenir à son indépendance, ce sera une grande erreur. De plus, abandonner le principe de la solidarité de classe et refuser l’action et la lutte communes des frères de classe sous l’enseigne de l’autonomie n’est pas l’attitude d’un communiste. Une telle façon d’agir portera d’immenses préjudices au développement de la révolution mondiale, et en plus, elle aura pour conséquence de faire échouer la révolution dans son pays.
Défendre son indépendance tout en renforçant la solidarité internationaliste prolétarienne entre les pays socialistes, s’unir et coopérer sur la base de l’égalité complète et de l’indépendance, c’est la position à laquelle notre Parti et le gouvernement de notre République se tiennent invariablement. Partant des tâches nationales et des tâches internationales de notre révolution, nous ferons à l’avenir aussi tout notre possible pour renforcer l’amitié et la solidarité avec les pays socialistes sur la base des principes du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien, et des principes de l’égalité complète et de l’indépendance.