Enfin, la relève est là. Descendue du ciel mais pas de ses grands chevaux, elle nous parvient comme un miracle. Mais d’où sortent ces sauveurs tant attendus? D’où viennent ces sauveurs du OUI et qui donc a enfin eu cette brillante idée d’un mouvement apartisan voulant réunir les forces indépendantistes sous une même bannière?
Heure de grande écoute, LCN, reportage sur la nouvelle coqueluche médiatique indépendantiste; le mouvement OUI. Dans un fond de ruelle, bien à l’abri des regards et des masses, on nous présente 4-5 jeunes souverainistes nous annonçant la bonne nouvelle. Qui sont-iels? Où on-t-iels bien pu apprendre leur grandes qualités de prestance pour pouvoir enfin donner les vrais arguments profonds pour l’indépendance comme « [l’indépendance] est importante parce que… la relève s’en vient » ou encore « les paysages c’est notre identité ». Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt. On aurait sûrement convaincu un pour cent de la population en ’95 et on aurait eu notre pays. Péquiste mais on l’aurait eu. En parlant de péquiste qui va là sortant d’un buisson? Le leader suprême, le capitaine du vaisseau amiral, Paul Saint-Pierre Plamondon. Par son omniscience, il aurait eu vent de l’annonce et aurait voulu montrer son support. Mais la question se pose. Qu’est-ce que le chef d’une organisation politique mourante vient faire dans un mouvement se voulant non-partisan? Où en fait, qu’est-ce que ce mouvement a de non-partisan. La réponse? Rien. Saint-Pierre Plamondon a posé les fondements de son église du OUI sur la jeunesse péquiste en déroute et a commandé la création de ce mouvement duquel nous n’avons même pas besoin de bouger la pierre angulaire pour voir la philosophie péquiste qui y grouille. Cette philosophie de superficialité là, d’image sans aucun argument de fond, sans réelle volonté de changement. Les masses ne sont pas dupes. PSPP n’aura pas réussi à séduire les indépendantistes, même avec des belles pancartes de OUI avec ses beaux enfants dessus. Et même si ce « mouvement » échoue (plus rapidement que son parti père agonisant depuis 20 ans espérons le), les jeunes que le fin stratège a instrumentalisé pour nous vendre son idée ne seront pas les seuls à le sentir dans leur réputation.
À ces jeunes, je veux dire de regarder ailleurs qu’au PQ pour voir ce qui s’y trouve. Votre messie n’a pas inventé les mouvements de jeunes non partisans. Je le soupçonne même d’en avoir été inspiré. Il existe déjà un Mouvement de Jeunes Souverainistes qui rejette tant bien que mal les tentacules de l’organe péquiste et de la ligne du parti. C’est peut-être devant cette résistance que monsieur Plamondon a décidé de faire bande à part. C’est évident que les divergences idéologiques feront partie de la donne, mais c’est naturel dans un mouvement qui se veut rassembleur contrairement à un mouvement contrôlé et composé par les membres d’un parti mais qui se camoufle derrière un semblant de neutralité. Votre participation à ce mouvement vous serait beaucoup plus gratifiante que les évènements bière et politique en veston cravate ou les congrès où le chef aura toujours le dernier mot. Libérez-vous de vos chaînes péquistes. Ne coulez pas avec le navire.
Nicolas Dorval