Texte originalement paru dans RÉVOLUTION QUÉBÉCOISE, no7, vol.1, mars 1965.
Les richesses extraordinaires du Congo expliquent que l’impérialisme (aujourd’hui dirigé par les Etats-Unis) y ait très tôt exporté ses, capitaux et mené une lutte forcenée pour la possession monopolisée des immenses sources de matières premières que renferme cet important pays d’Afrique. L’impérialisme américain se traduit aujourd’hui par l’exploitation la plus impudente et l’oppression la plus inhumaine de millions d’hommes qui, du temps de Patrice Lumumba, avaient pris goût à la liberté, à l’indépendance. Lumumba, le neutraliste, a été assassiné par les agents des Etats-Unis. Moïse Tshombé remplit, aujourd’hui, à la tête du gouvernement congolais le rôle que les Américains attendaient de lui: maintenir coûte que coûte le Congo sous l’emprise du capitalisme yankee, éviter à tout prix que son uranium et son cobalt ne soient destinés à d’autres qu’aux Américains, tout mettre en oeuvre pour que le Congo « indépendant » et ex-colonie belge soit placé dans l’impossibilité de résister aux Etats-Unis, à ses capitaux, ses monopoles, ses institutions, son Ordre sacré de libre entreprise et de profits illimités, c’est-à-dire son organisation d’exploitation illimitée de l’homme par l’homme. Tout ceci explique l’opération « humanitaire » de Stanleyville… pour le sauvetage non des missionnaires blancs mais des mines contrôlées par les capitalistes américains parmi lesquels figurent les clans Kennedy, Dean, Rockfeller, Stevenson, Whitney, etc.
Le même impérialisme a aussi exporté ses capitaux au Québec, pour les mêmes raisons qu’au Congo: à cause de l’extraordinaire richesse de notre sous-Sol.
A cette période de notre histoire où nous sommes tous, plus ou moins, en proie au nationalisme et désireux de nous libérer politiquement, l’expérience congolaise nous enseigne la difficulté de rendre véritablement libre un territoire où Washington possède (et se doit de protéger) d’importants intérêts financiers, à côté desquels ce que l’on nomme le colonialisme anglo-saxon et canadian apparaît aussi insignifiant et aussi dangereux qu’un épouvantail à moineaux.
La collusion des forces réactionnaires
Le néo-colonialisme repose sur l’alliance de la puissance impérialiste et de la bourgeoisie nationale. Au Congo, c’est l’alliance de la bourgeoisie d’affaires représentée par Tshombé et des capitalistes américains; les Belges se contentent de servir de médiateurs entre les Etats-Unis et le Congo, ils s’accommodent de l’idée de voir leur ancienne colonie prise en main par la « démocratie » américaine, sachant bien qu’il est exclu pour eux de supplanter la puissance des Yankees dont la politique se poursuit non seulement au détriment du Congo Léo mais au mépris même des intérêts de leurs alliés. Dans le monde occidental, on ne peut rivaliser avec les Etats-Unis sur le terrain du capitalisme sans être inévitablement entraîné dans leur orbite, sans devenir de plus en plus le valet des monopoles qu’ils dirigent. Cela vaut autant pour la France, l’Allemagne de l’ouest et la Grande-Bretagne que pour la petite Belgique, qui, pour éviter de s’incliner devant la politique néo-colonialiste à des Américains, n’avait qu’un choix à faire: celui du socialisme. En effet, seul le socialisme, c’est-à-dire la libération de l’inféodation au capitalisme monopoliste américain par la destruction de l’Etat bourgeois et la socialisation des moyens de production, peut résister à l’intégration au système de « libre échange » qui permet aux trusts et aux monopoles de profiter d’un marché illimité pour l’extorsion de leurs surprofits. Mais la Belgique n’est pas socialiste et le gouvernement Lefèvre – Spaak n’est pas intéressé à remettre le pouvoir au peuple belge, pas plus qu’il n’était disposé à accorder l’indépendance au peuple congolais. C’est pourquoi, ensemble, Américains et Belges occupent militairement le Congo dans le but de protéger les gros intérêts bancaires qui s’y trouvent. C’est pourquoi aussi le gouvernement belge, en Belgique même, joue un rôle semblable à celui de Tchombé au Congo, celui de « protecteur » des capitaux et des privilèges des bourgeoisies nationale et internationale.
Partout, dans « le monde libre » , un seul maître: l’Américain, dont le système est le plus vaste, le plus fort, « the biggest of the world ».
Le Québec n’échappe pas à la dictature du capital américain. Ce n’est un secret pour personne que les Américains contrôlent 90% de notre économie, la majorité de nos exportations et importations. Les Américains ont tout envahi, des chaînes de télévision aux syndicats. L’emprise yankee est telle que le « pouvoir colonial » d’Ottawa n’est qu’un écran. Loin d’être une puissance, le Canada apparaît de plus en plus comme un satellite sains liberté des Etats-Unis. Certes, le Canada, contrairement aux autres pays de l’Amérique, commerce avec Cuba et la Chine populaire, mais ce commerce marginal ne suffit pas à le rendre « indépendant ». Le Canada est une colonie des U.S.A. et le Québec, une sous-colonie.
On ne peut même pas dire que les capitalistes canadian servent d’agents aux monopoles américains: ils n’en sont que les marionnettes. Quant aux capitalistes québécois, ils sont à la merci totale des capitaux étrangers et le pouvoir qu’ils possèdent ne leur vient pas du peuple mais de leur collusion (d’ailleurs obligatoire pour eux s’ils acceptent toutes les règles du système) avec l’impérialisme.
Lesage, Filion, Laporte sont de la même race que Tshombé. Et plus le peuple québécois manifestera sa volonté d’obtenir l’indépendance et l’essor économiques auxquels il a droit, plus un Tshombé québécois sera nécessaire à la protection des énormes intérêts américains qui contrôlent notre société. A Ottawa, les Américains n’ont pas besoin d’un régime fort car leur domination est soutenue par l’adhésion des Canadiens anglais à l’ « American way of life ». Pour nos compartiotes anglo-saxons, comme pour les Américains, le capitalisme et l’impérialisme sont de l’ordre du sacré. Au Québec il en va autrement depuis quelques années. « Brimés depuis deux siècles par les vainqueurs des Plaines d’Abraham et leurs descendants, et trahis depuis lors par leur élites clérico-féodales puis clérico-bourgeoises, les Canadiens français du Québec ont accumule assez de rancoeur et de frustrations et possèdent le nombre et l’homogénéité suffisants pour faire éclater la camisole de force capitaliste et colonialiste qui les étouffe. De plus le Québec possède une position géographique, des sources énergétiques et des ressources naturelles amplement suffisantes non seulement pour assurer la naissance et la survie d’un Etat souverain mais pour en permettre un essor dynamique et un avenir florissant » (1).
Voilà de quoi inquiéter sérieusement nos voisins.
Ce n’est pas un hasard si la terreur judiciaire et policière s’installe à Québec plutôt qu’à Ottawa.
La bourgeoisie d’affaires québécoise, ainsi que ses avocats, ses notaires et ses médecins, ne veut pas d’un Québec indépendant, pas plus que Tshombé ne désire voir le Congo se libérer de la tutelle américaine. La bourgeoisie d’affaires évolue aujourd’hui dans un contexte international qui lui interdit d’ériger inutilement des frontières autour des « nations ». L’intégration économique n’est-elle pas le ,plus sûr moyen de bénéficier de tous les avantages du système capitaliste? Nos voisins de l’Ontario l’ont bien compris, et les accords de « libre échange » récemment conclus entre le Canada et les Etats-Unis n’ont pas de quoi surprendre. Il n’est pas dit qu’un Lesage n’en ferait pas autant au Québec s’il avait en main les pouvoirs actuellement réservés au gouvernement central. Il est même probable qu’il s’empresserait de donner satisfaction aux moindres désirs de Washington, si l’on considère la dette financière que l’Etat du Québec a contractée vis-à-vis les Etats-Unis et dont il ne pourrait se débarrasser que par des mesures radicales, mesures tout à fait étrangères à la politique bourgeoise et pacifique du grand ténor de la revolution tranquille.
Mais le désir d’un nombre croissant de Québécois de voir leur pays suivre une véritable politique d’indépendance (de libération) nationale a de quoi durcir le régime actuel, car cette politique ne peut réussir que par une rupture définitive avec l’avertissement économique actuel, que par l’expropriation pure et simple de Noranda Mines et Cie.
Il est impossible que la lutte nationale québécoise ne soit pas nourrie par la lutte des classes, si elle veut dépasser le niveau superficiel des simples « arrangements » d’ordre culturel ou constitutionnel. Ce qu’il faut au Québec, c’est une révolution… comme au Congo, comme partout où l’impérialisme domine. Mais comment résister aux Etats-Unis, de nos jours? Regardons un’ peu ce qui s’est passé tout récemment encore au Congo.
Une histoire de malheurs
Jusqu’en 1956, la Belgique domina le Congo. Mais à partir de cette date, les Belges cédèrent une bonne partie des actions de l’Union minière du Haut-Katanga aux Américains et il devint, dès lors, évident qu’il ne serait pas permis au Congo, qui luttait pour son indépendance, de prendre réellement ses distances vis-à-vis les trusts occidentaux.
Quatre ans plus tard, la Belgique se voyait acculée à accorder l’indépendance à sa colonie et une quinzaine de jours après cet événement historique, les financiers américains commençaient déjà à utiliser le prétexte classique de la lutte contre le communisme pour pénétrer tout le pays et imposer leurs hommes.
Pourtant, Lumumba n’avait rien d’un communiste. Il voulait seulement que son pays, face aux deux blocs, pratique une politique de neutralité absolue. Pour les Etats-Unis, une telle prétention apparut aussitôt comme extrêmement dangereuse, car elle signifiait une volonté très nette d’indépendance réelle, et non pas seulement fictive.
Après avoir reçu la visite de sénateurs américains, un journal congolais pouvait écrire : « Les U.S.A. auraient été assez impressionnés par le fait que l’on pourrait craindre ici des menaces communistes, et comme le Congo est l’un des plus riches en matières stratégiques… »
Les Américains fondèrent l’American Committee for aid to Katanga’s Freedom Fighters moins d’un an après l’indépendance du Congo, alors que Moïse Tshombé suscitait la sécession du Katanga et M. Albert Kalonji, celle du Sud-Kasai. Le Katanga et le Sud-Kasai, comme par hasard, sont les deux régions les plus riches du Congo et fournissent à elles seules plus de 75% du budget national du Congo. Puisqu’il y avait risque, pour les monopoles américains, de ne pouvoir « sauver » du communisme (c’est-à-dire de l’indépendance) le Congo tout entier, la sécession du Katanga et du Sud-Kasai s’imposait.
Le Chicago Tribune du 5 septembre 1960 écrivait : « Nous ne faisons rien en faisant les choses à moitié. Si le Congo est important pour la cause occidentale, et si une tête de pont soviétique est dangereuse dans le centre de l’Afrique pour les intérêts américains, alors nous ne pouvons pas perdre de temps à décider qui sont nos amis et qui sont nos ennemis au Congo Employons nos dollars, notre influence et notre aide pour que ce territoire ne glisse pas vers Moscou. »
Le Chicago Tribune du 5 septembre 1960 écrivait : « Nous ne faisons rien en faisant les choses à moitié. Si le Congo est important pour la cause occidentale, et si une tête de pont soviétique est dangereuse dans le centre de l’Afrique pour les intérêts américains, alors nous ne pouvons pas perdre de temps à décider qui sont nos amis et qui sont nos ennemis au Congo. Employons nos dollars, notre influence et notre aide pour que ce territoire ne glisse pas vers Moscou. »
En même temps qu’ils soutenaient la sécession katangaise, les Américains décidèrent d’employer « leur aide » à l’élimination de Lumumba lui-même. La C.I.A. fut chargée par le secrétariat d’Etat de persuader le président Kasavubu de révoquer le premier ministre Patrice Lumumba dont « les sympathies communistes » étaient une menace au « monde libre ». Ensuite, le colonel Mobutu fut chargé de briser par la force la résistance du Parlement, et finalement, un hélicoptère américain fut prêté à la police congolaise pour repérer Lumumba en fuite et l’assassiner.
Pendant ce temps, l’ambassadeur américain à Léopoldville allait présenter ses hommages au gouvernement anticommuniste et sécessionniste de M. Tshombé et aux installations minières du Haut-Katanga, contrôlées par ses amis. Les sénateurs américains, en tournée africaine, se succédèrent au bureau de M. Tshombé, et Patrice Lumumba étant éliminé, on traça des plans pour le rétablissement de l’ « unité nationale ».
Léopoldville change d’ambassadeur américain et la nouvelle tâche des Américains est double: éliminer du gouvernement Adoula — qui a succédé à Lumumba — tous les nationalistes lumumbistes et mettre un terme à la sécession katangaise qui ne correspond pas tout à fait aux intérêts des trusts américains du cuivre, qui se plaignent en douce de devoir alligner leurs prix sur ceux, trop bas, de l’Union minière. L’Oncle Sam est heureux maintenant de pouvoir donner satisfaction à tous ses enfants.
Quand ce double objectif fut atteint, le gouvernement Adoula apparut ouvertement comme un satellite des Etats-Unis. Le Congo renforça alors ses relations avec Formose, vota avec les Etats-Unis contre l’admission de la Chine à l’O.N.U. et avec Washington contre Cuba, etc.
L’opposition lumumbiste chassée du gouvernement et la sécession katangaise démantelée, les Etats-Unis expédièrent leurs « missions » militaires, économiques et culturelles au Congo dont ils prirent en main définitivement le développe.
Mais la révolution grondait déjà dans certains coins du pays, provoquée par l’alliance du peuple frustré, au profit d’une minorité de fonctionnaires corrompus, des bienfaits attendus de l’indépendance et des partis politiques écartés du pouvoir. Cette révolution, que les Américains n’avaient pas prévue, allait entraîner l’effacement de M. Adoula, jugé trop faible, et son remplacement par M. Tshombé qui, de séparatiste, allait devenir, pour les besoins de la Cause yankee, apôtre de l’unité nationale.
Au début de 1964, un « Comité national de libération » regroupant les anciens partisans de Lumumba, décide de passer à l’action pour reprendre le Congo à l’impérialisme. Aussitôt, les Etats-Unis et la Belgique se concertent en vue de mater la rébellion. Tshombé, en exil depuis l’écrasement de la sécession katangaise, est
rappelé en hâte de Léopoldville.
Entre temps, la rébellion est divisée en deux groupes. Un groupe minoritaire, dirigé par M. Mulele, ancien ministre de Lumumba qui avait déjà expérimenté avec succès les méthodes chinoises de la guerre de guérilla, et un groupe largement majoritaire dominé par les partisans de MM. Gizenga et Gbennye (eux aussi anciens ministres de Lumumba) et opposé carrément aux tactiques de la guérilla.
Le groupe majoritaire, s’emparant de Stanleyville, décide donc du jour au lendemain de proclamer une République démocratique du Congo. Mais le soutien verbal qu’accordent alors les pays africains au clan Gizenga ne se traduit pas par une aide militaire et financière efficace. L’aide de l’U.R.S.S. et de la Chine demeure insignifiante, et maintenir une République populaire au coeur du Congo se révèle vite une aventure désespérée.
Contrairement à la guerre de guérilla, la proclamation d’une république à Stanleyville concentrait une bonne partie des forces au même endroit et les livrait aveuglément à la répression massive que les Américains ne tarderaient pas à organiser. Les avions américains arrivèrent bientôt au Congo, le gouvernement Tshombé engagea des mercenaires blancs et, finalement, les Belges envoyèrent des parachutistes pour libérer Stanleyville.
La chute de Stanleyville consacra, certes, l’échec des méthodes classiques d’opposition à un régime fasciste appuyé par le capitalisme monopoliste, mais elle ne marqua pas la fin de la lutte contre Tshombé et tout ce qu’il représente. La colère provoquée partout en Afrique par l’intervention militaire des Américains et des Belges a commencé de se transformer en un soutien plus efficace aux révolutionnaires congolais ainsi qu’en un front anti-impérialiste plus large en Afrique.
Il ne fait pas de doute que la lutte armée va connaître de nouveaux développements en Afrique, car l’affaire de Stanleyville a , clairement démontré aux nouveaux Etats « indépendants » que la « décolonisation » était un mythe plus qu’une réalité et que les Africains étaient encore loin d’être maîtres chez eux. Il est maintenant devenu évident pour tout le monde qu’après avoir été colonie belge, le Congo est appelé à devenir sous Tshombé un bastion important du capitalisme monopoliste en Afrique. Les Congolais réussiront-ils à libérer leur patrie de la dictature américaine?
La lutte armée est la seule voie vers la libération du Congo comme vers celle du Vietman et des autres pays dominés par l’impérialisme.
Le Québec face à Washington
Bien plus encore que celle du Congo, l’économie « québécoise » est en symbiose avec celle des Etats-Unis. Un Québec socialiste, vidé des capitaux américains et entouré (sinon envahi) d’une armée hostile, pourrait-il survivre? Seuls les Québécois peuvent répondre à cette question qui met en jeu leur volonté de libération ou leur désir d’intégration.
En tout cas, les Québécois doivent savoir que leur patrie n’échappera pas à l’intégration économique sans que soit accomplie la socialisation des principaux moyens de productions et que cette socialisation ne pourra être pratiquée sans une guerre aux monopoles qui contrôlent actuellement le présent et l’avenir économiques du Québec. L’indépendance est à ce prix, et ce prix comprend une lutte sans pitié à la dictature du capital américain.
Est-ce à dire qu’il faudra organiser ici une lutte de guérilla adaptée à notre société urbanisée? L’avenir le dira. Une chose importe : savoir qu’on n’échappe pas à la domination de l’impérialisme par des discours mais par des actes.
Si le peuple québécois désire une indépendance véritable, il peut s’attendre, par exemple, à ce que le groupe Noranda réagisse de la même façon qu’a réagi, au Congo, le groupe de capitalistes engagé dans l’Union minière du Haut-Katanga. Les Etats-Unis ne laisseront certainement pas leur échapper un pays qui dispose d’énormes richesses naturelles, à peine entamées. C’est pourquoi il est inutile de penser ou de souhaiter que la libération économique et politique du Québec puisse se faire par des moyens pacifiques.
La démocratie, c’est la liberté, l’indépendance concrète, ce n’est pas le statu quo ni le droit de vote tous les quatre ans. La démocratie se trouve au bout d’une longue lutte de libération. Actuellement, nous ne vivons pas en « démocratie » mais en pleine dictature et l’histoire n’a jamais connu de dictature qui se soit effondrée sans une pression violente exercée par la base.
Au Québec, la violence grandira d’elle-même à mesure que, face à l’éveil des masses, les classes dirigeantes devront multiplier les Wagner et armer la police de l’Etat. A moins que le peuple ne s’endorme de nouveau pour ne plus jamais se réveiller, la révolte du Québec est à prévoir, avec toutes ses conséquences sur le plan national et international. C’est pour
quoi ceux qui prétendent vouloir accorder l’indépendance au peuple québécois par le moyen des élections bourgeoises et sans briser la dictature du capital étranger ne sont que des charlatans qui ne veulent, en
somme, que faire parler français à nos oppresseurs. En traitant à la légere ce qui est fondamental, ils ne peuvent, en fin de compte, que trahir.
QUEBEC NE PEUT NATIONALISER LES MINES PARCE QU’IL NE « TIENT PAS LE BATON »
-René Lévesque (La Presse, le 17 février 65)
LE QUEBEC NE « TIENT PAS LE BATON » PARCE QU’IL NE NATIONALISE NI LES MINES NI LES FORETS
L’ETAT EST LE SEUL OUTIL DE POLITIQUE ECONOMIQUE QUI NE SOIT PAS A VENDRE
-René Lévesque (La Presse, le 27 février 65)
SI LE PRESENT ETAT QUEBECOIS N’EST PAS A VENDRE, C’EST QU’IL EST DEJA VENDU. LE MINISTRE LEVESQUE SE DOUTE A QUI?
Notes:
1) Jean Rochefort, Socialisme et sécession, dans Révolution Québécoise, no 1, sept. 1964.